Greg. Magn. Op., III, p. 312, ed. Maui
in Roma. A l'époque de saint Léon le Grand^ cette fête était célébrée dans la basilique Vaticane avec un grand concours d'évêques, et s'appelait Dies Apostoli; dans le calendrier Buchérien^ qui indique les plus grandes fêtes de l'Eglise romaine après la persécution de Dioclétien, elle est indiquée comme Natale Pétri de Cathedra. Le sermon sur cette fête attribué à saint Augustin ne fait aucune mention d'Antioche : on y lit ces paroles : <( Nos pères ont donné à cette solennité le nom de la chaire {cathedra), parce que Pierre, le premier des apôtres^ est dit avoir reçu en ce jour la chaire de l'épiscopat. C'est donc avec raison que les Églises célèbrent la fête de ce siège [sedis) fondé par l'apôtre pour le salut de toutes les Eglises^. )> Saint Ambroise, dans son sermon pour cette fête, commente l'Evangile et ne parle pas de l'objet spécial de la solennité. Polemius Silvius, au v^ siècle, enregistre la fête de saint Pierre comme tombant le 22 février; et le Sacramentaire gothique-gallican assigne au même jour une messe dont la collecte est ainsi conçue : u O Dieu, qui en ce jour as donné au bienheureux Pierre d'être après toi la tête de l'Église, » etc. ^ Ce n'est qu'après le viii® siècle que, dans une nouvelle édition du Sacramentaire, cette messe fut transférée au 18 janvier.
Ainsi, jusqu'au viii^ siècle, on crut, d'après une tradition dont l'origine est inconnue, que les célèbres paroles de Jésus -Christ : (( Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, » furent prononcées au mois de février, et le 22 de ce mois fut spécialement consacré, à Rome, à célébrer l'institution de la primauté de saint Pierre. Cette fête était rendue plus solennelle par l'intronisation du souverain pontife, qui, le 22 février, s'asseyait sur la chaire même dont se servit autrefois l'apôtre. On lit, à cette date, dans la liturgie gothique : (( Dieu a confié les clefs du ciel à un homme formé de terre... et il a placé haut le trône du siège souverain. La chaire épiscopale du bienheureux Pierre, exposée en ce jour, en est le témoin ^. )) On le voit, avant le viii^ siècle, il n'est fait aucune mention d'Antioche comme étant l'un des souvenirs liés à cette fête.