Advers. Vigilant
-saint Hippolyte^ l'autel était distinct de la tombe (Propter ubi apposita est ara dicata Deo). Bosio et Boldetti ont vu plusieurs fois l'autel placé au milieu d'un cubiculum^ et non sur la tombe même : telle fut à une certaine époque^ on s'en souvient la disposition de la crypte papale.
Là où la tombe servait d'autel^ la mensa n'était pas toujours fixée à l'ouverture de façon à ne pouvoir être déplacée : plusieurs fois on a trouvé de massifs anneaux de bronze attachés à son rebord extérieur ; ils servaient à l'amener en avant comme une sorte de tiroir et à découvrir ainsi la tombe avec les reliques qu'elle renfermait ^
Saint Martin de Tours est, dit- on, le premier saint non martyr dont la tombe ait été transformée en autel ^. Quand les autels se multiplièrent dans les églises, l'usage s'établit d'introduire dans chacun quelques reliques ; les prières et les cérémonies liturgiques contiennent encore des traces de cette pratique ancienne. Ainsi, dans les prières de la messe, immédiatement après le Confiteor, le prêtre, montant le degré de l'autel, dit : u Nous vous supplions. Seigneur, par les mérites de vos saints dont les reliques sont ici, — Oramus te. Domine, per mérita sanctorum tuorum quorum reliquiœ hic sunt, » et, après ces paroles, il baise l'autel. Le petit trou carré creusé dans la pierre de l'autel pour recevoir les reliques est appelé le sepulchrum, allusion manifeste à la pratique des premiers siècles; et la déposition des reliques dans ce sepulchrum forme une partie si essentielle de la consécration d'un autel, que si, par accident, les reliques qui y ont été placées se trouvent enlevées ou perdues, il ne suffit pas d'en mettre d'autres à leur place, il faut consacrer de nouveau tout l'autel.
Les détails des prières et des cérémonies usitées lors de la consécration d'un autel rappellent d'une manière frappante l'enterrement des saints et des martyrs dans la primitive Église. Les corps des défunts étaient souvent portés dès la veille au cimetière où ils devaient être inhumés ; de même, les reliques qui doivent être placées dans le sepulchrum d'un autel sont apportées à l'église la veille de la consécration, dans un vase préparé et bénit exprès. Trois grains d'encens sont enfermés avec elles dans ce vase, comme ces parfums et ces aromates parmi lesquels les corps des saints étaient si souvent enterrés ; des ecclésiastiques veillent toute la nuit devant les reliques, récitant l'office du saint de qui elles proviennent. Le