Roma sotterraneaj t. I, 2^ partie, p
toujours à donner à la multitude croissante des tidèles une .sépulture dans l'enceinte des areœ privées. Nous voyons, dans la primitive Eglise, l'inépuisable amour des chrétiens comblés des dons de la fortune s'empresser auprès des pauvres, des inlirmes et des esclaves, et il n'est pas douteux que, dans les cryptes ouvertes par la charité privée, les corps des plus humbles selon les hommes ne fussent admis à reposer, sans distinction de rang, auprès des plus nobles bienfaiteurs de l'Eglise ^ Mais il est de l'essence de l'Eglise chrétienne de s'organiser en corporation et de se suffire à elle-même ; aussi la voit-on, dès le temps des apôtres, pourvoir avec les ressources communes à la subsistance de ses pauvres^. En fût-il de même pour les sépultures , quand le nombre des fidèles eut rendu insuffisante sur ce point la charité privée } Cela nous amène à nous demander si une corporation, une association, un corps quelconque pouvait, à Rome, être légalement propriétaire d'un lieu de sépulture destiné à tous ses membres, et si, ce privilège étant donné, l'Eglise chrétienne, quoique persécutée, était admise à en jouir en vertu du droit commun.
Il existait à Rome un grand nombre de collegia ou corporations^. Les uns avaient un but religieux; c'étaient d'abord les collèges des prêtres païens, pontifes, augures, quindécemvirs, épulons, etc. Les collèges sacerdotaux sont nommés dans la loi des Douze Tables; ils remontaient, diton, aux Sabins : la fondation du collège des Luperci^ ou prêtres de Pan, était même attribuée à Evandre ^.Venaient ensuite les confréries pieuses instituées en Thonneur de
1. Apud nos inter pauperes et divites, serves et dominos interest nihil. — Lactant., Div. Instit.^ V, 14, 15.