Roma sotterranea, t. P"", p
l'origine de cette charitable et fraternelle institution des agapes, qui joua un si grand rôle dans l'Eglise chrétienne, et qui finit par se rapprocher tout à fait des réjouissances païennes, lorsque, déviant de son but primitif, elle dégénéra en ces scandaleuses orgies qui excitèrent la réprobation des Pères du siècle. A une époque où la persécution maintenait aux mœurs fraternelles des chrétiens leur pureté originelle , dans les dernières années du iii'^ siècle, on trouva, lorsqu'on lit, par l'ordre de Dioclétien, l'inventaire officiel des objets confisqués dans la maison où s'assemblaient habituellement les chrétiens de Cirta% d'abondantes provisions de bouche et des vêtements d'hommes et de femmes, qui correspondent exactement à ces habits de fête que l'auteur du testament de Baie ordonnait de fournir aux convives les jours des repas funéraires. Les testaments païens et les inscriptions des collèges^ prévoient souvent le puits et la citerne qui seront creusés auprès du tombeau ou de la schola, afin de pourvoir aux nécessités des festins; près de l'entrée d'une des plus anciennes catacombes, on a récemment découvert deux petits édifices ornés de peintures; l'un est une grande salle entourée de bancs, qui servait évidemment de triclinium pour les agapes ; l'autre renferme le puits, le réservoir et la fontaine ^ Nous ne pouvons pousser plus loin la comparaison entre les usages funéraires des Romains, tels que nous les révèlent les inscriptions, et les coutumes de la primitive Église; qu'il nous suffise, pour résumer en quelque sorte tout ce sujet, de citer une inscription chrétienne récemment découverte dans les ruines de Césarée^. Elle nous montre un particulier construisant une cella memorice et l'offrant à l'Ep:lise , comme ces donateurs que les inscriptions païennes nous montrent si