‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 7 sur 247 · AUTEURS MODERNES · texte numérisé non relu

AUTEURS MODERNES

Sommaire. — Découverte de Rome souterraine, en 1578. — Pompomo Leto.

— Baronius. — Ciacconio, de Winghe, Macarius. — Bosio, sa vie et ses travaux. — Valeur et plan de son ouvrage. — Période de destruction. — L'autorité ecclésiastique prend la direction des fouilles. — Auteurs protestants : Misson, Burnet. — Renaissance des études sérieuses : Fabretti.

— Boldetti. — Buonarotti. — Marangoni. — Bottari. — Musée chrétien du Vatican. — D'Agincourt : ses destructions. — Raoul- Rochette. — 'Le P. Marchi. — M. de Rossi : ses découvertes et sa méthode.

Le 31 mai 1578, des ouvriers qui tiraient du sable dans un vignoble situé à deux milles de Rome, sur la voie Salaria, découvrirent par hasard un cimetière souterrain, orné de peintures chrétiennes, d'inscriptions grecques et latines, et contenant deux ou trois sarcophages. Cette découverte émut vivement l'opinion publique; on accourut de toutes

HISTOIRE LITTÉRAIRE

parts visiter le souterrain, a Rome, écrit un contemporain, apprit avec stupéfaction qu'elle avait, cachées sous ses faubourgs, d'autres cités inconnues; elle vit de ses yeux ce qu'elle ne savait encore que par la tradition et par les livres. » Ce jour-là, dit M. de Rossi, naquirent ensemble le nom et la science de Rome souterraine.

L'homme qui, le premier, devait l'explorer et la décrire n'était encore qu'un enfant de trois ans^; mais, pendant qu'il grandissait, d'autres préludaient à ses recherches, et entretenaient la flamme qu'avait allumée cette première découverte. Déjà, près d'un siècle et demi auparavant, une vaste région de Rome souterraine, située à l'autre extrémité de la ville, avait été visitée à plusieurs reprises. Malheureusement elle avait eu pour explorateurs soit des religieux conduits par la piété seule, soit des savants peu préparés à comprendre ce qui n'était pas païen. Au nombre des premiers, il faut compter plusieurs franciscains dont les noms se lisent encore avec les dates de 1433, 1451, 1473, 1482, sur les murs de deux ou trois cubicula du cimetière de Calliste. a Je suis venu visiter ce lieu saint {ad visitandum lociim sanctiim istiim) avec vingt religieux de l'ordre des frères mineurs, » écrit frère Laurent de Sicile le 17 janvier 1451. D'autres religieux mineurs visitent la même crypte en 1455, « dans la semaine où mourut le pape Nicolas V )) [hebdomada qua defunctus est papa N. V). Un abbé de Saint-Sébastien y descend en nombreuse compagnie (cum magna comitiva) le ip mai 1469. Quelques Ecossais y viennent en 1467 (M CCCC LXVII quidam Scoti hic fuerunt)^ etc. Rien n'indique que ces nombreux visiteurs aient compris la valeur historique et archéologique des monuments qu'ils avaient devant les yeux. Une tout autre catégorie d'explorateurs faisait, à la même époque, de mystérieuses descentes dans les catacombes. On peut lire en diverses places de la catacombe de Saint-Calliste, et aussi

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