I. Voir le fac-similé de cette inscription, p
muniant, les reliques d'un prétendu martyr dont le titre n'avait pas été juridiquement reconnu : Nescio cujus hominis mortui, et si martyris, sed necdum vindicatif Dans les temps de persécution, comme à toute époque de combat, les imaginations s'échauffaient aisément, les cœurs brûlaient, la légende se formait vite, et l'Eglise avait besoin d'une grande fermeté pour protéger contre une piété trop ardente la pureté de sa liturgie. Aussi n'inscrivait-elle dans ses canons, n'admettait-elle à la commémoration liturgique que les martyrs reconnus tels par une solennelle vindicatio, et probablement le titre de martyr ne pouvait être gravé sur leur tombeau avant cet acte juridique. La vindicatio de saint Fabien fut sans doute retardée par la longue vacance du siège pontifical, demeuré sans titulaire pendant les dix-huit mois qui s'écoulèrent entre la mort de ce pape et l'élection de saint Corneille.
Saint Corneille (250-253) ne fut pas enterré avec ses collègues : son tombeau est dans la crypte de Lucine, et nous le décrirons plus tard. Nous avons déjà vu la pierre tombale de son successeur saint Lucius (253-254), trouvée par M. de Rossi sur le sol de la chapelle papale, où elle gisait en deux morceaux près de celles de Fabien, d'Anteros et d'Eutychien. Le nom du pape y est écrit en grec et l'o de la dernière syllabe est omis : AOTKIG. Cette forme elliptique de la terminaison des mots était d'un usage fréquent au 11^ siècle. Deux inscriptions de cette époque, écrites l'une et l'autre en grec et en latin, donnent AYPHAIG et Aurelius. AITOPIG et Litorius^. On retrouve deux fois AOYKIG pour Lucius sur des pierres du cimetière de Priscille. Une dalle encastrée dans le pavage même de la chapelle des papes, au coin de Tautel, porte AHMETPtG pour Demetrius. Dans la catacombe juive de la vigne Randanini on lit les noms EAIG, KAGTPIGIG, AGTEPIG, NOYMENIG, Gains, Castricius, Asterius. Nwnenius. La contraction is pour ius fut quelquefois aussi employée en latin, Anavis, Cœcilis. Clodis,