‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 113 sur 228 · I. Roma sotterraneajiy p · texte numérisé non relu

I. Roma sotterraneajiy p

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nous sommes certain que nul critique ne songerait à mettre en doute son authenticité :

Aspice, descensu exstructo tenehrisqtu fu^atis Corneli monumenta vides tumalumque sacratum. Hoc opu8 egrod Dsimasi prastantia fecit Esset ut accensus melior^ populisque paratum Auxilium sancd, et vaUas si fundere puro Corde preces, Damasus melior consurgert posset^ Quem non lucis atnor, tentât mage cura laboris.

« Voyez : un escalier a été construit, et les ténèbres ont été mises en faite : vous pouvez contempler maintenant les monuments élevés en l'honneur de Corneille, et sa tombe sacrée. Cette œuvre, le zèle de Damase Ta accomplie, bien qu'il soit malade ; il a facilité Taccès et mis à la portée du peuple le secours du saint. Si vous voulez, d'un cœur pur, verser une prière, demandez que Damase puisse revenir à la santé : non qu'il aime la vie, mais la sollicitade de sa charge le retient ici-bas. o

Si nous possédons le vrai sens de cette inscription, il en résulte que Damase fit pénétrer par un luminaire le jour jusqu'au tombeau de saint Corneille, et construisit un escalier pour l'usage des pèlerins. A ce moment il devait être gravement malade, sa vie même était sans doute en danger. Cette dernière circonstance donne de la vraisemblance à la restitution — beaucoup plus difficile — de la seconde inscription, que M. de Rossi suppose avoir été ainsi :

^iricius perfecit opus, Conclusit et arcam J^^rmore, Corneli quoniam Pia membra retentat.

« Siricius compléta l'œuvre, et, avec une table de marbre, ferma le tombeau, parce qu'il contient les membres sacrés de Corneille. »

Cette restauration est assurément bien moins certaine que la première. Il s'en faut, cependant, qu'elle soit Tœuvre de la seule imagination. Voici, en abrégé, les raisons qui ont guidé M. de Rossi dans la tâche délicate de rétablir quatre vers avec douze lettres seulement. La forme

de ces lettres se rapproche beaucoup du caractère damasien, mais ne le présente pas dans toute sa pureté; peut-être cette seconde inscription fut-elle faite par les ordres du successeur de Damase, et l'artiste voulut-il, comme il a été dit plus haut, indiquer par quelques variantes la différence d'origine, tout en suivant dans ses lignes générales le type de récriture damasienne. Précisément, la seule lettre qui reste du premier vers est une S, et le successeur de Damase se nommait Sirice. L'inscription peut donc être Tœuvre du pape Sirice, qui aurait continué les travaux entrepris dans la crypte par Damase pendant sa dernière maladie. Or le tombeau de Corneille, qui, à l'origine, comme nous l'avons dit, n'était point fermé, fut plus tard bouché par une plaque de marbre très-épaisse, sans doute pour consolider la muraille ébranlée par les travaux trop hardis du pape Damase. Le mot marmore^ dont les premières lettres existent encore sur un des fragments de notre inscription, semble une allusion à cette œuvre ; n'en peut-on pas conclure qu'il s'agit dans l'inscription de ce travail d'achèverent et de consolidation, et que le pape Sirice en fut l'auteur? Quant au dernier vers, pia membra retentat, il se relie naturellement à la pensée qui précède : ces travaux auraient été faits parce que dans ce tombeau reposent des restes sacrés. Cette formule, d'ailleurs, se retrouve si souvent dans l'épigraphie damasienne, que M. de Rossi, en

complétant ainsi les lettres pia tentât^ n'a guère de

chances de s'être trompé. Nous ne pouvons développer ici, dans tous les détails qu'elle comporte, cette série d'inductions qui s'appellent et se complètent l'une l'autre. M. de Rossi s'avance si prudemment dans le champ de la conjecture, il déduit si modestement et si clairement ses raisons, il a tant de peur de s'en faire accroire, et de donner comme certain ce qui n'est pas absolument démontré, qu'on peut le suivre sans crainte dans les hypothèses qu'il propose. En ce qui concerne notre inscription, nous croyons pouvoir sans trop de présomption émettre après lai la conclusion suivante : si l'on n'ose affirmer la vérité

littérale du texte qui a été donné plus haut, il y a au moins de fortes raisons de croire qu'il reproduit exactement le sens original.

Les peintures dont est décoré le tombeau de saint Corneille nous donnent un exemple du bonheur qui accompagne presque toujours les conjectures de M. de Rossi. Avant de découvrir la tombe du saint pape, il avait bien des fois annoncé qu'il y trouverait sans doute quelque souvenir de son contemporain et correspondant saint Cyprien. Les deux saints ne furent pas martyrisés dans la même année, mais, par une coïncidence singulière, ils le furent le même mois et le même' jour. Aussi leurs fêtes ont-elles toujours été célébrées à la même date, le i(S septembre, et, ce jour-là, les prières liturgiques faisaient mention deTun et de Tautre *. Les calendriers et les missels les plus anciens nous apprennent que la commémoration des deux saints avait lieu dans le cimetière de Calliste : — XVIII Kal : Oct : Cypriani^ Africœ; Romce celebratur in Callistiy dit le calendrier Buchérien, si souvent cité; — Natale SS. Cornelii et Cypriani^ via Appiâ in Callisti^ dit, pour le même jour, un vieux recueil de la liturgie romaine. M. de Rossi trouva même, dans un de ces anciens Itinéraires qui ont été pour lui des guides si précieux, l'indication, certainement erronée, que leis corps de saint Corneille et de saint Cyprien reposaient ensemble dans le cimetière de Calliste *. Il était évident par le texte lui-même — Cornélius et Cyprianus dormit — que le nom de Cyprien avait été ajouté par un copiste maladroit. Une telle confusion, cependant, ne pouvait avoir été faite sans cause ; M. de Rossi conjectura que Terreur du copiste ou du pèlerin provenait de quelque indication fournie par la tombe même de saint Corneille, et mal interprétée par un visiteur ignorant. En effet, quand, dans ces derniers temps.

I. X^us les jours encore, au canon de la messe, le prêtre nomme Fun à côté de l'autre saint Corneille et saint Cyprien. a. Voyez page 153,

la tombe eut été de nouveau découverte, on reconnut la cause de cette erreur. A droite du tombeau deux grandes figures d'évêques sont peintes sur le mur en style byzantin; la légende écrite à côté de chacune d'elles indique que Tune représente saint Corneille et l'autre saint Cyprien* ( PI. I ). Cette peinture n'est pas la première qui ait décoré cette muraille. On peut encore découvrir la trace des peintures plus anciennes que celle-ci a recouvertes, et des graffites qui furent tracés sur les peintures primitives. Il est difficile de déterminer avec précision la date de la fresque que nous avons devant les yeux. Les deux évêques tiennent dans leurs mains le livre des Evangiles; ils sont revêtus des habits pontificaux, y compris le pallium^ qui n'était pas encore devenu la marque distinctive des métropolitains. Si nous comparons cependant ce pallium avec celui dont est revêtu révêque Urbain, dans la crypte de sainte Cécile, nous remarquerons une différence entre les deux qui n'est pas sans valeur comme note chronologique. Le pallium de saint Corneille est marqué d'une seule croix ; celui de saint Urbain porte une croix sur les épaules, ce qui ne se voit jamais sur les peintures et les mosaïques antérieures au X* siècle. Les fresques de notre chapelle sont donc plus anciennes que celle de saint Urbain; leur style, du re^e, est bien supérieur à la facture molle et sans accent de cette dernière. La tête de saint Cyprien est pleine de force, de naturel et de dignité. Toutes ces indications réunies nous permettent de leur assigner comme date probable le commencement du ix* siècle.

L^examen des fresques qui décorent le pilier de gauche confirme l'exactitude de cette conclusion. Elles représentent également deux figures d'évêques, peintes à la manière byzantine. A l'origine, le nom et le titre de chacun d'eux

I. Dans la catacombe d'Albano, où étaient honorés, le 8 août, les martyrs Secundus, Severianus, Carpophonis, Vîctorinus, on voit de même Tirnage du martyr Smaragdus, honoré à pareille date dans le cimetière de Saint-Cyriaque, sur la voie d'Ostie. — BuUettino ai arch^ crist.y 1869, p. 73.

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se lisaient sur la muraille; une seule de ces inscriptions peut être aujourd'hui déchifFrée. Elle se compose des mots suivants: SCS XVSTVS PP ROM. La seconde est entièrement efFacée, sauf une lettre O. Il est extrêmement probable qu'il s'agit, dans cette dernière, de saint Optât, qui fut enterré dans le même cimetière que saint Sixte; qui, jusqu'au IX® siècle, fut vénéré le 2j novembre par l'Église d'Occident; dont le nom se lit encore dans l'inscription commémorative de la translation des reliques à Sainte- Praxède, mais dont l'histoire positive est presque entièrement perdue. Le SCS XVSTVS est évidemment le second pape de ce nom, dont nous avons expliqué plus haut la relation avec ce cimetière; le titre PP ROM est celui que nous voyons donné, jusqu'au milieu du ix* siècle au moins, au pontife romain, le mot Paja n'étant pas encore devenu l'appellation exclusive de l'évêque de Rome *. Léon IV (847) est également désigné sous ce titre dans une des peintures souterraines récemment découvertes à Saint- Clément, et Eugène II (824) dans une fresque du presbytère de Sainte-Sabine. Nous attribuerions volontiers à Léon III (795-815) les peintures que nous étudions en ce moment. Le Liber pontificalis dit qu'il « renouvela les cimetières des saints Sixte et Corneille sur la voie Appienne ». La légende peinte autour des deux portraits prendrait une signification particulière, si nous reconnaissions en eux l'œuvre de ce pontife. La première moitié de cette légende est tirée du 17® verset du psaume lviii, et ainsi conçue: Ego autem cantabo virtutem tuam et exaltabo misericordiam tuant quia factus es susceptor meus ... « Je chanterai ta force et j'exalterai ta miséricorde, parce que tu t'es fait mon soutien. » Ces accents de reconnaissance seraient bien placés dans la bouche d'un pontife aussi éprouvé, aussi contredit, aussi calomnié que le fut Léon III jusqu'au jour où la main victorieuse de Charlemagne le délivra presque miraculeusement de ses ennemis. Nous sommes donc

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