I . Ducange, Gloss* in verb
probablement ici en présence d'un de ces travaux « de rénovation du cimetière de Saint-Sixte et de Saint-Corneille y> que lui attribue son biographe.
A droite de la tombe de saint Corneille, devant la fresque qui le représente auprès de saint Cyprien, est un bloc de maçonnerie, une sorte de pilier rond, détaché de la muraille, et s'élevant à peu près jusqu'à hauteur d'appui. Il est bien antérieur à l'époque de Léon III; nous ne pouvons cependant le dire avec certitude contemporain du tombeau lui-même, comme le sont, de toute évidence, d'autres piliers de même nature qui ornent certaines tombes des catacombes. Il n'est pas formé comme ces derniers du roc lui-même ménagé en avant de la muraille et taillé en forme circulaire ; c'est un bloc de maçonnerie, que recouvre un ciment grossier. Peut-être a-t-il servi de support à la table d'autel, mensa, sur laquelle la messe était célébrée dans cette crypte : Prudence nous apprend, en effet, que la célébration des saints mystères n'avait pas toujours lieu sur le tombeau même du martyr, quoique toujours dans son voisinage immédiat*. Le plus souvent, ces sortes de colonnes tronquées placées devant les sépultures illustres étaient destinées à recevoir des vases larges et bas, remplis d'huile et de parfums précieux — liquidi odoreSy dit Prudence — dans lesquels nageaient de petits morceaux de papyrus allumés comme nos veilleuses; l'huile parfumée qui brûlait ainsi devant les reliques des saints était recueillie pieusement par les pèlerins, et considérée par eux comme étant elle-même une relique *. Dans le catalogue des huiles
I. In Hippolyt.yW. lyi-iy^.Voyez note E, appendice. — Dans notre crypte, la messe cessa forcément d*étre célébrée sur le tombeau même, après que celui-ci eut été fermé par le pape Sirice ou Tun de ses successeurs. Cf. pages ^37, 241.
a. Ces huiles étaient ordinairement recueillies et conservées par les pèlerins dans de petites fioles de verre souvent ornées de figures, comme on en voit encore dans le trésor de la basilique de Monza (Cf. Martigny, V' HuiUs saintes). Les chrétiens d'Alexandrie les conservaient dans de petits vases de terre cuite en forme de lampe, sur lesquels était gravé ou écrit à l'encre le nom du saint devant le tombeau duquel les huiles
ainsi recueillies par l'abbé Jean, et données par lui à la reine lombarde Théodelinde, figure a Thuile de saint Corneille », ex oleo S. Cornelii; elle fut probablement puisée en cette place même, dans un vase dont les débris, couverts encore d'une substance grasse, ont été retrouvés au milieu des décombres, quand la crypte fut déblayée *.
Nous dirons peu de chose des graiEtes qui se lisent sur la fresque de Saint-Corneille. Ce ne sont point, comme ailleurs^ des acclamations ou des prières, mais, ainsi que nous avons déjà vu dans la crypte de sainte Cécile*, les noms, gravés sur la muraille et dans l'épaisseur de la peinture, d'ecclésiastiques qui ont offert en ce lieu le saint sacrifice, ou de fidèles qui y ont pris part, peut-être même de prêtres qui ont assisté, comme témoins, à la translation des reliques : Léo prb., Petrus prb.^ Theodorus prb., Kiprianus Diaconus^ etc. Un autre graffite, beaucoup plus ancien, se lit dans le cintre d'un des arcs-boutants. Il se compose de la phrase suivante : Ses Cerealis et Sallustia eum XXI. L'histoire de ces martyrs nous est entièrement inconnue ; mais il est intéressant d'avoir sous les yeux une preuve de leur existence, corroborant l'indication donnée par une ancienne Relation, qui place leur tombeau dans le voisinage de Saint -Corneille. Ce graffite est certainement très-ancien, bien qu'il soit difficile de lui assigner une date précise. Sans le préfixe Sctus^ M. de Rossi serait tenté d'y voir l'œuvre d'un contemporain des vingt-trois martyrs, d'un témoin oculaire de leurs funérailles.
avaient été recueillies : TOT AriOÏ nOAÏOKTOC, TOT ATIOT ABÀ CEPnOT. — BulUttino di arch, crist.j 1866, p. 7a.
1. M. de Rossi a vu, dans diverses catacombes, soit le fond même, soit au moins Tempreinte de semblables vases, sortes de grandes tasses à fond plat, en verre ou en marbre mince et poli. — Roma soc-' terraneaj I, p. 282.