I. Planches IX, a; X, a
rent le fond des églises. A Santa Costanza, Téglise ou le mausolée circulaire de la fille de Constantin, Notre- Seigneur est nimbé, les apôtres ne le sont pas. Dans Téglise Sainte- Agathe, à Ravenne, dont les mosaïques remontent à Tan 400, Notre-Seigneur porte le nimbe inscrit d'une croix, les anges le nimbe sans ornement* On voit encore le nimbe crucifère dans les mosaïques de Sainte -Sabine (424) et de Saint- Paul (441), à Rome : les apôtres, les évangélistes et les autres saints ont le nimbe plein, ou ne sont pas nimbés. Cet ornement paraît avoir été d'abord employé pour distinguer Notre-Seigneur; un peu plus tard on le donna à la sainte Vierge et aux anges*, puis aux apôtres, aux évangélistes, aux quatre animaux symboliques qui les représentent, et enfin à tous les saints sans distinction. Le P. Garrucci conclut de ces exemples qu'au v® siècle les artistes chrétiens usaient du nimbe à leur gré, le représentant ou l'omettant indifféremment, et qu'après cette époque l'usage du nimbe devint la règle générale. M. l'abbé Martigny* pense qu'avant Constantin on le représentait quelquefois autour de la tête de Notre-Seigneur, et qu'à partir de cette époque Notre-Seigneur fut toujours nimbé; qu'on le donna quelquefois aux anges depuis le v® siècle, toujours dès le milieu du VI*, et qu'enfin depuis la fin du vu* il fut attribué indifféremment à tous les saints.
Ainsi, quand nous rencontrons dans les catacombes quelque image de saint ou de martyr, la tête entourée d*un nimbe, nous sommes assurés que cette image est postérieure à l'époque des persécutions, quelquefois séparée d'elle par plusieurs siècles. Nous avons vu dans les cryptes de sainte Cécile et de saint Corneille de remarquables exemples de CCS peintures de Tàge de la paix.
I. Diaprés M. de Rossi, on commença à le donner à la sainte Vierge er aux saints Pierre et Paul au iv* siècle. — Dans le cimetière de Sainte- IX>mitille on le trouve seulement autour des têtes de Notre-Seigneur et de saint Pierre. — BdUttino di arch, crist,^ 1867, p. 44. — Maran- ^oni, Acta S, Victorini, p. 39, 40.
a, Dutionnaire des antiquités chrétiennes^ p. 436, v' Nimbe.
a58 RaME SOUTERRAINE.
Une autre note chronologique facile à reconnaître, et utile pour déterminer la date des peintures, c'est la présence de la lettre K, ou de quelque autre lettre, quelque* fois d'une croix, sur la bordure du vêtement des principaux personnages. Dans les peintures plus anciennes, les draperies sont unies ou bordées seulement d'étroites bandes de pourpre : l'usage d'inscrire des lettres ou des croix au bas des vêtements ne paraît être devenu général qu'au commencement du IV* siècle ou tout au plus à la fin du m'*.
La présence du monogramme ►?•, dans cette forme ou dans quelqu'une de ses nombreuses combinaisons, suffitégalement àdémontrerla date relativement récente d'une peinture. S'il n'est pas prouvé que l'invention de cette tessera soit dérivée de la fameuse vision de Constantin, il est au moins certain qu'on n'en a découvert aucun exemple sur des peintures antérieures au iv* siècle.
Ces indices matériels ne sont pas les seuls moyens de connaître Tàge d'une peinture. Dans la plupart des cas l'évidence interne résultant soit du sujet, soit du style, permettra de distinguer ou avec vraisemblance ou avec certitude, sinon une peinture contemporaine de Trajan d'une autre contemporaine d'Adrien, au moins une œuvre d*art du i®*" ou II" siècle d'une œuvre d'art du m* ou iv*. L'art chrétien, né dans la période la plus florissante de l'art roniain, en suivit naturellement les vicissitudes, et en refléta avec fidélité l'état de prospérité ou de décadence. Les mêmes différences qui distinguent, à un ou deux siècles de distance, deux fresques sorties d'un pinceau païen distingueront deux fresques chrétiennes séparées par un égal intervalle de temps. Le plus ou moins d'habileté technique de l'artiste des catacombes est toujours en un rapport exact avec la manière plus ou moins rapprochée de la perfection ou de la décadence adoptée par sqs confrères païens. La proportion n'est modifiée que par les conditions peu favorables dans lesquelles se trouvaient les peintres chré-