‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 117 sur 228 · Praefat. misss in Nativ. Dom · texte numérisé non relu

Praefat. misss in Nativ. Dom

4. Plaçait picturas in ecclesia esse non debere, nec quod colitur et adoratur in parietibus depingatur. — Conc, IlUb.^ can. 36.

dentelle, toute de circonstance » : on pourrait peut-être ajouter, avec M. Beugnot, « toute locale*» . A ce moment nonseulement les églises élevées imprudemment à la surface du sol avaient été envahies, et quelques-unes détruites par l'ordre des empereurs, mais encore la soldatesque païenne avait pénétré jusque dans les plus secrets sanctuaires des catacombes, que ne protégeait plus, on s'en souvient, Tin- \iolabilité des tombeaux : il était à craindre que les mystères sacrés peints sur les murs fussent livrés au ridicule, et tournés en caricature, comme l'avait déjà été, dans le palais même des Césars, la divine figure du Crucifié.

L'explication de ce décret, que son autorité s'étendît ou non au delà de l'Espagne, se trouve donc naturellement dans les circonstances du temps où il fut rendu. On en découvre un frappant commentaire dans les faits mis en lumière par les récentes fouilles des catacombes. « Le fait vient ici à l'appui du raisonnement, » disait il y a trente ans Raoul-Rochette, commentant comme nous venons de le faire le décret du concile d'Elvire. En parlant ainsi, il n'avait pas la dixième partie des preuves que nous possédons maintenant à l'appui de son opinion. On sait aujourd'hui distinguer les différentes époques de chaque région des catacombes : or les plus anciennes peintures ont été trouvées dans les galeries et les chambres auxquelles la science moderne assigne la date la plus reculée, tandis que les chapelles qui appartiennent à la dernière période des excavations, c'est-à-dire au temps même du concile d'Elvire, sont pauvrement décorées, ou n'offrent aucun vestige de peintures, sans doute par les mêmes raisons de prudence qui dictèrent le canon cité plus haut.

L'étude des peintures des catacombes ne peut plus être séparée de celle de leur date. Elle seule fixe la valeur de leur témoignage si elles sont invoquées à l'appui d'un point de doctrine. On comprend qu'en cette matière les questions chronologiques sont souvent fort délicates, et qu'il est diffi-

I. Beagnot, Histoire de la destruction du paganisme en Occident^ t. I , p. 312-314.

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cile de les renfermer toujours dans des limites précises. Certains indices, certaines nuances permettent cependant de fixer d'une manière approximative la date d'un assez grand nombre de peintures, ou du moins l'époque avant laquelle elles n'ont pas pu être faites : tel est le nimbe, ou auréole circulaire entourant la tête du Christ et des saints.

lies païens représentaient quelquefois les faux dieux avec le nimbe : on ne connaît ni l'origine ni la signification de cet ornement. Probablement d'invention égyptienne, il passa aux Grecs, puis aux Romains, qui le donnèrent à leurs empereurs, suivant en cela l'esprit d'adulation et d'apothéose qui domine l'artcomme la littérature de l'époque impériale. On le voit ainsi autour de la tête de Trajan, dans un bas-relief de l'arc de Constantin; sur une médaille Antonin le Pieux est également nimbé. L'usage du nimbe devint de plus en plus fréquent, et, à la fin, il cessa d'être un signe exclusif de divinité pour demeurer l'indice plus vague d'une supériorité ou prééminence quelconque. Dans les mosaïques chrétiennes de Ravenne, datant du v* siècle, il est donné non-seulement à Notre-Seigneur, à sa sainte mère et aux anges, mais encore à Justinien et à sa femme Theodora. Hérode lui-même est nimbé dans une mosaïque de Sainte-Marie-Majeure (433). A quelle époque les chrétiens adoptèrent-ils le nimbe? il est difficile de le dire. Dans les coupes ou patènes de verre des catacombes, fixées généralement entre le milieu du m* et le milieu du IV* siècle, le nimbe est rarement dessiné. On n'en rencontre pas plus d'une douzaine d'exemples. Dans beaucoup de fonds de coupe, les saints sont figurés avec une couronne placée près d'eux, quelquefois ils la tiennent à la main, quelquefois elle leur est offerte par des oiseaux*, jamais elle n'est posée sur leurs têtes : ou bien Notre-Seigneur est représenté les couronnant lui-même. Si le nimbe est trèsrare sur les verres chrétiens, il tsX très-fréquent au contraire, à partir du iv* siècle, dans les mosaïques qui déco-

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