I . a Est homo non totus, médius sed piscis ab imo
combes, il ne se voit qu'une seule fois avant Constantin, et une fois après * ; mais il faut se souvenir qu'on possède en tout trente inscriptions datées antérieures à Constantin, et que Ton en connaît jusqu'à treize cents postérieures à lui. Il se retrouve sur plus de cent inscriptions funéraires sans dates que des indices certains permettent d'attribuer aux trois premiers siècles. M. de Rossi considère comme démontrée la disparition totale de ce symbole au commencement du v* siècle. A la fin du iv* il était déjà très-rare. Sur environ deux mille inscriptions chrétiennes de Rome, datées ou non datées, postérieures à Constantin, on trouve souvent la palme, la colombe, l'agneau, le monogramme, la croix, une seule fois le poisson. Dans la Gaule chrétienne, dont l'épigraphie, pour l'adoption comme pour l'abandon des formules et des symboles, retarde presque constamment d'un siècle sur Rome, et dont les inscriptions, sauf un trèspetit nombre, sont postérieures au commencement du IV* siècle, le mot IX0YC ou la figure du poisson se trouvent très-rarement, sept fois sur les sept cent huit inscriptions recueillies par M. Le Blant *.
Quel était le sens de cet antique symbole? A cette question la pensée se reporte vers la parabole évangélique dans laquelle Jésus compare le royaume des cieux à un filet jeté dans la mer et retiré plein de poissons ; on se souvient de la parole adressée à Simon et à André : a Venez, je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Ce souvenir des allusions évangéliques occupe en effet une assez grande place dans l'art et la liturgie des premiers siècles*; mais telle n'est pas l'idée
I. En ^34 et en 400. Dans l'inscription de 234, Tancre et le poisson sont gravés ensemble.
a. Inscript, chrét. de la Gaule, I, p. 370.
3. Dans la liturgie grecque presque toutes les hymnes des fêtes des apdtres font allusion à leur vocation comme a pécheurs d'hommes» : dkt parlent de la ligne de la croix, de V hameçon de la prédication, de Vappât de la charité, des nations prises comme des poissons. Quelques ardsics du moyen âge ont représenté le Père éternel péchant les âmes à la ligne, et la croix de Jésus-Christ pendant au bout du fil comme hameçon et appât. — Cahier et Martin, Mélanges à' Archéologie ^ I, p. ai9«
principale attachée par les peintres et les graveurs des catacombes au symbole du poisson. A l'origine le poisson fut adopté par Fart symbolique pour deux raisons différentes : d'abord parce que les fidèles doivent leur régénération spirituelle à l'élément de Teau, et ensuite parce que de bonne heure la langue chrétienne désigna le Christ par le signe du poisson.
On ne sait au juste ni à partir de quel moment ni pour quelle raison le poisson devint le symbole du Christ. Mais la signification mystique de ce symbole n'est pas douteuse. Elle est démontrée par une longue chaîne de témoignages patristiques commençant à saint Clément d'Alexandrie, Origène et Tertullien, au ii* siècle, pour finir à saint Pierre Damien, au xi®. Le symbole du poisson était peut-être en usage dès les temps apostoliques. Si cela est vrai, il fut probablement l'origine du célèbre acrostiche cité par Eusèbe * et saint Augustin * : prenant Tune après l'autre les lettres initiales de vingt-sept vers prétendus sibyllins, on trouve, en les rapprochant, les cinq mots grecs IH20TC XPE12T0C OEOT TIOC 20THP, Jésus-Christ^ fils de Dieu. Sauveur ^^ et, mettant ensuite à part la première lettre de chacun de ces mots, on en forme le mot 1X0TC, poisson. Saint Clément d'Alexandrie est le premier Père qui fasse mention du poisson symbolique : il conseille d'en graver l'image sur les anneaux. Il est possible que la combinaison de lettres d'où sortit 1' 1X0YC ait pris naissance dans l'école d'Alexandrie. L'Eglise de cette ville était en grande partie composée de Juifs convertis. Rien n'était plus habituel chez les Juifs que de frapper, en quelque sorte, des noms t)pi-