I. BulUttlno di arche crist.^ 186], p
a. Le Pitture antiche âel sepolcro de Nasoniij tav. XXII.
ao
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chrétien ; elle est complètement nue, et fait pendant à plusieurs autres figures représentant les Saisons : elle ne saurait èire confondue avec la grave el chaste image qui occupe le centre des voûtes et paraît à la place d'honneur sur les murailles de fani de chapelles chrétiennes. Une seule fois, au cimetière de Sainte-Domi tille, on trouve dans la même chapelle le Bon Pasteur et un personnage dansant : personne ne soutiendra qu'il n'y ail aucune hiérarchie entre eux, et qu'on puisse indifféremment prendre l'un pour l'autre. Certes, dans la multitude des sujets empruntés à la vie pastorale par Tari païen et chrétien, des ressemblances fortuites, quelquefois même volontaires, peuvent s'être produites : quelque type commun consacré par la tradition classique a pu, en certaines circonstances, être imité par l'un et par l'autre : mais une chose n'est pas douteuse, c'est que les artistes chrétiens se sont écartés en mille manières, dans la représentation du Bon Pasteur, du mode de composition en usage chez les païens pour les scènes analogues : d'une peinture purement décorative, d'un sujet d'idylle ou d'églogue, ils ont fait l'austère et tendre figure du Dieu
venu sur la terre pour rechercher ses brebis égarées et rapporter sur ses épaules les agneaux blessés aux pierres du chemin.
Cette religieuse figure du Bon Pasteur semble avoir été leur sujet favori. On ne peut visiter aucune partie des catacombes, ou feuilleter aucune collection de dessins d'après
les monuments chrétiens primitifs, sans la rencontrer presque à chaque instant. Nous savons par TertuUien qu'elle était souvent gravée sur les calices. Nous la trouvons peinte à fresque sur les plafonds et les murailles des chambres sépulcrales, grossièrement dessinée sur les pierres des loculi^ sculptée avec plus d'art aux flancs des sarcophages, tracée en or au fond des coupes de verre, moulée sur Targile des lampes, gravée sur les anneaux, représentée, en un mot, sur toute espèce de monuments appartenant au premier âge chrétien. Naturellement, dans un aussi grand nombre d'exemples, le sujet est traité de diverses manières. Nous ne pouvons partager l'opinion de KUgler attribuant cette fréquente répétition du même sujet aux avantages, à l'heureuse combinaison de lignes et de couleurs qu'il offrait au point de vue artistique. Les artistes chrétiens ont adopté cette figure entre toutes pour un motif plus élevé. Ils y ont vu, dans un seul type, le drame entier du salut par le Christ. Déjà, dans le langage de l'Ancien Testament, l'action de la Providence sur le monde est souvent exprimée par des images et des allégories empruntées à la vie pastorale : Dieu est le berger, les hommes le troupeau. Jésus prend d'une manière plus personnelle, plus directe le rôle de berger, il devient par excellence le Bon Pasteur. Quittant son trône céleste, il est descendu dans les déserts de ce monde pour y chercher les enfants égarés de la race humaine, et les conduire dans les pâturages toujours verts de son paradis. Dans son œuvre de miséricorde il a choisi pour l'assister quelques-unes de ses créatures. C'est aux hommes, non aux anges, qu'il a confié la diffusion de son Évangile : c'est au prince des apôtres, et par lui à tous ses autres ministres, qu'il a donné la mission de « paître son troupeau ». Aussi est-il quelquefois représenté seul avec ses brebis, quelquefois avec ses apôtres autour desquels les brebis se pressent. Tantôt le Bon Pasteur se tient au milieu de tout son troupeau , tantôt il caresse une brebis isolée, le plus souvent il porte sur ses épaules une brebis perdue, quelquefois même un bouc ou une chèvre. Il est impos-
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sible de douter que chacune de ces attitudes ait une signification mystique, se rapporte à Tune des circonstances implicitement* contenues dans la parabole, et ait été choisie non pour le seul effet artistique, mais avant tout dans une intention doctrinale.
Jésus s'étant appliqué lui-même le nom et les attributs du Bon Pasteur, les artistes chrétiens furent naturellement conduits à le représenter dans toutes les attitudes, avec tous les instruments de Tétat pastoral, la houlette, la flûte de roseau *, le vase de lait : et nous avons vu que chacun de ces accessoires peut être interprété dans un sens positivement chrétien. Sans doute il serait puéril de s'appesantir sur chaque détail des peintures primitives, de trouver un motif aux accessoires les plus insignifiants, de chercher une intention dans les moindres traits. Mais, quand on est en état de rapprocher telle ou telle interprétation de détail d'un texte contemporain , du courant d'idées dans lequel l'artiste a vécu, des principaux enseignements de la religion chrétienne, on peut sans témérité et sans minutie interpréter discrètement les diverses variantes d'un sujet où l'allégorie domine. Toutes les fois, par exemple, que le Bon Pasteur est représenté caressant ou portant un bouc, il est très-probable que par cette hardiesse, qui dépasse le texte évangélique, le peintre a voulu protester contre la dureté des novatiens et autres hérétiques refusant d'admettre à la réconciliation les pécheurs repentants. Quand on voit de chaque côté du Bon Pasteur d'autres hommes s'occupant de ses brebis, et les brebis elles-mêmes ayant diverses attitudes, il est naturel de reconnaître dans ces hommes les apôtres, les ministres de Jésus-Christ distribuant la parole et les sacrements, et dans les attitudes variées des brebis une image des dispositions diverses avec lesquelles est reçue la grâce. Cest là précisément ce que nous voyons dans la planche XVIII,
1 . In parabola ovis capras tuas queris, tua ovis ne rursus de greg? exeat. Tertull., de Pudicit,^ 13.