Aringhi, II
lien mystique ou symbolique réunit ainsi ces deux sujets? Quelques archéologues voient dans leur rapprochement une démonstration de la puissance divine qui, d'un roc desséché, peut faire jaillir des flots d'eau vive, et de la pierre du tombeau tirer vivant un cadavre déjà décomposé. D'autres reconnaissent dans ces deux sujets une image des deux termes extrêmes de la vie du chrétien : la fontaine d'eau vive, coulant de la pierre « qui est le Christ », dans laquelle le fidèle est plongé par le Baptême, et où il prend une nouvelle naissance, et la vie éternelle que lui procure la résurrection d'entre les morts, dont cette naissance est le gage. TertuUien identifie l'eau qui s'échappe du roc frappé par Moïse et l'eau du Baptême, quœ de/luit de petra^. Saint Cyprien développe la même doctrine, d'après l'Evangile et les prophètes : « S'ils ont soif dans le désert^ dit Isaïe, il les en fera sortir^ il tirera pour eux l'eau du rocher; ilfrappera le rocher et mon peuple boira. Cela a été accompli dans les Évangiles : nous y voyons le Christ, qui est le rocher, frappé d'un coup de lance dans sa passion ; nous l'entendons, se souvenant de ce qu'avait annoncé le prophète, crier tout haut : Si quelqu^un a soif, qu'il vienne à moi. et qiiil boive : celui qui croit en moi, dit V Écriture, je ferai jaillir de ses entrailles des fleuves d'eau vive. Et pour qu'il paraisse plus clair que Notre-Seigneur parle ici du Baptême, TEvangile ajoute : Il disait cela de l'esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; — car TEsprit-Saint est reçu par le Baptême '. »
Moïse est quelquefois représenté se déchaussant a\'ant d'approcher du buisson ardent. Quelques Pères voient dans cet acte une image de la renonciation au monde, à la chair et au démon, qui doit précéder la grâce du Baptême*. Peutêtre les peintures qui le représentent contiennent-elles seulement une exhortation générale au respect avec lequel les chrétiens doivent approcher des saints mystères.