Le Hir, Etudes bibliques^ II
trop fréquent pour être l'effet du hasard : on les retrouve en regard Tun de l'autre non-seulement dans les peintures des catacombes, mais sur un sarcophage du Vatican, sur un sarcophage de Milan, sur un autre récemment découvert auprès de Nîmes*. Les deux sujets semblent se faire pendants, se compléter l'un par l'autre, se compénétrer^ selon l'expression de M. de Rossi; le parallélisme de l'idée tst poussé jusque dans les mouvements, jusque dans l'attitude des personnages. De même que les trois Mages s'avancent ordinairement de profil vers la vierge Marie assise devant eux, et tenant l'enfant Jésus dans ses bras, de même les trois jeunes Hébreux, vêtus avec une recherche historique rare dans l'art des catacombes, portant la tiare phrygienne, la tunique, les pantalons ou saraballi^ comme les sectateurs deMifhra ou autres Orientaux dans les bas-reliefs païens, sont quelquefois représentés de profil, tournés vers la statue qu'ils refusent d'adorer, et derrière laquelle se tient Nabuchodonosor : c'est, dans les deux groupes, le même nombre et la même disposition des personnages, les trois adolescents qui protestent dessinés dans le même mouvement que les trois Mages qui adorent, et le roi païen présentant Tidole aux uns comme la vierge Marie présente aux autres le Dieu enfant. L'eurythmie qui résulte de cette pondération parfaite de deux groupes destinés à se faire pendants se retrouve évidemment dans la pensée, rendue plus claire et plus éloquente par le contraste.
Deux autres sujets, également empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament, sont fréquemment rapprochés et mis en parallèle : Moïse frappant le rocher et Jésus ressus- . citant Lazare. Quelquefois on les trouve remplissant, sans séparation entre eux, le même compartiment d'une peinture*; quelquefois on les reconnaît grossièrement gravés l'un à côté de l'autre sur une pierre tombale ; le plus souvent ils sont sculptés ensemble sur un sarcophage. Quel