Voir S. Clém. d'.Alex-, Pi^agog., I
3. Certe peiniurr, dans laquelle l'enfaiit Jésus est posé devant la
sainte mère, sacu être tenu par elle, et plutfit comme signe de sa maternité divine que comme figure principale, est le type d'une image de la Vierge trâs-populaire en Russie tous le nom de Znïmcnskaia. — Palmer, Earty chnsiian SymbolunXj p. 66.
nimbe n'est peint ni autour de la tête de Marie ni autour de celle de Tenfant Jésus, cette date appartient à la première moitié du iv* siècle plutôt qu'à la seconde. M. de Rossi considère le style de cette fresque comme se rapprochant tout à fait de l'époque de Constantin. Loin d'être la plus ancienne et la plus intéressante image de la Vierge existant dans les cryptes primitives, cette peinture est probablement une des plus récentes : et si Tauteur qui y fait allusion n'en a pas vu d'autres, il est probable qu'il n'a visité qu'une très-petite partie des catacombes. Il existe une nombreuse classe de peintures — M. de Rossi en compte plus de vingt — dans lesquelles la vierge Marie est toujours la figure principale , et semble volontairement associée par l'artiste aux hommages dont son divin Fils est l'objet : ce sont les fresques représentant l'adoration des mages. Le plus souvent Marie est assise, tenant Jésus sur ses genoux, et les Mages se dirigeant vers le groupe formé par la mère et l'enfant : trois ou quatre fois elle occupe le centre de la fresque, et alors, pour balancer également les deux côtés de la composition, le nombre des Mages est augmenté ou diminué; ils sont quatre, comme dans le cimetière de Sainte-Domitille , ou deux seulement, comme dans celui des saints Pierre et Marcellin (voir planche IV, n® 2). Il est certain, cependant, que dès les premiers siècles la tradition sur le nombre des Mages était fixée * : nous en avons la preuve dans une des peintures que nous avons citées, sous laquelle on peut encore retrouver les vestiges de l'esquisse primitive, représentant trois Mages seulement : l'artiste la corrigea ensuite, sacrifiant la vérité historique ou traditionnelle à la symétrie. Les représentations de ce sujet appartiennent à diverses époques. M. de Rossi assigne les deux que nous avons citées à la première et à la seconde moitié du m* siècle. Il réclame une antiquité beaucoup plus reculée pour l'image de la sainte Vierge
I . On dit généralement que saint Léon le Grand et saint Maxime de Turin sont les premiers Pères qui rapportent cette tradition. Origène semble cependant avoir eu la même pensée. — Patrizzi, de Evangel., III, diss. XXVII9 pars 2*.
représentée planche IV, n^ i. D'après lui, elle remonte aux confins de Tâge apostolique. On peut la voir peinte sur la soffite d'un loculus, dans une chambre sépulcrale du cimetière de Sainte-Priscille. Elle représente la vierge Marie assise, la tête à demi couverte d'un voile court et transparent, et portant dans ses bras Tenfant Jésus , « qui se retourne, sur les genoux de sa mère, avec un mouvement tout à fait analogue à celui que Raphaël lui prête quelquefois dans ses Saintes Familles *. » A côté de Marie un homme est debout, vêtu d'un pallium qui laisse à nu son épaule gauche : d'une main il tient un volume roulé, de l'autre il montre une étoile. Cette étoile accompagne presque toujours la Vierge dans les peintures et les sculptures primitives : sa présence s'explique historiquement quand Marie est représentée au milieu des Magesl, ou dans Fétable de Bethléem , à côté de la crèche , que gardent respectueusement le bœuf et l'âne traditionnels*. L'étoile paraît à première vue moins à sa place dans le sujet qui nous occupe. Les archéologues ne sont pas d'accord sur le sens de la figure virile qui semble la montrer du doigt. La plupart y voient saint Joseph ou l'un des Mages. Selon M. de Rossi, ce personnage jeune et austère, vêtu en philosophe, serait plutôt Isaïe, qui dans ses prophéties compare si souvent la venue du Messie au lever d'un astre ^. On le rencontre dans la même attitude, se tenant debout devant Jésus -Christ figuré par le soleil, sur un compartiment d'un verre doré trouvé dans les catacombes : et là son identité n'est pas douteuse, car un autre comparriment du même verre le représente scié en deux par les Juifs, selon une tradition rapportée par saint Jérôme : la sainte Vierge, dessinée dans la pose d'une orante , occupe sur ce verre l'espace intermédiaire entre les deux figures du prophète. Bosio*