I. Planche VIII, n" y 1. Planche VU
). Planche V, a' 1.
d'entrée (e) est demeuré intact et contient l'image de deux hommes placés Tun au-dessus de l'autre , sans doute à cause de letroit espace dont le peintre disposait. L'un des deux est assis et semble lire des paroles écrites sur un long rouleau de parchemin qu'il tient déployé entre ses deux mains : l'autre tire de l'eau d'un puits qui déborde. Dans la seconde chambre A*, nous rencontrons plusieurs sujets analogues à ceux du cubiculum qui vient d'être décrit : Moïse frappant le rocher, le J'pêcheur, le repas des sept disciples, le baptême, un docteur assis; sur le mur de droite, dont les peintures sont ruinées dans le précédent cubiculum^ on distingue dans celui-ci la résurrection de Lazare ; d'un côté de la porte d'entrée est peint un docteur debout, tenant un volume à la main, et un large morceau de stuc, détaché de l'autre côté, laisse voir encore la tête, les bras levés et le pic d'un fossor^ dessiné dans l'acte même de son travail.
Ces divers sujets, nous l'avons dit, étaient également représentés dans les trois autres cubicula, qui forment avec les deux précédemment décrits toute une série de chambres presque semblables. Une répétition si constante et si uniforme des mêmes images ne peut avoir été faite sans but, sans une intention cachée. Il n est pas difficile de la découvrir et de pénétrer le sens de ces peintures mystérieuses. Au point où nous a menés cette étude, nos lecteurs ont dans la mtain le fil conducteur qui les dirigera à travers cette apparente confusion de sujets sacramentels, d'histoires bibliques et de figures empruntées à la vie commune.
Tertullien, qui était à Rome à l'époque où furent exécutées la plupart de ces fresques, va pouvoir, encore une fois, nous servir de guide. Nous savons déjà qu'il appelait les chrétiens « de petits poissons nés dans les eaux du Baptême », et que dans son traité sur ce sacrement il parle de ces eaux comme découlant du rocher, quœ définit de petra. Le rocher, nous l'avons appris de l'Ancien et du Nouveau Testament*, n'est autre que le Christ^ petra I. I Cor., X, 3; Isaïe, xxxv, 6.
autem erat Christus^ rocher mystique qui verse les eaux de la grâce dans le désert de ce monde. Quel est le personnage représenté dans nos peintures frappant ce rocher? Nous le montrerons dans le chapitre suivant ; disons ici en un seul mot que, dans l'art chrétien primitif, Moïse frappant le rocher est pris presque toujours comme la figure de saint Pierre, le nouveau Moïse successeur de Tancien, « le conducteur du nouvel Israël, ^) dit Prudence. A lui fut donné le pouvoir d'ouvrir dans le rocher divin la source de la grâce et d'en faire couler les vraies eaux vives sur les enfants de l'Église par le bain du Baptême et le canal multiple des sacrements*.
A la suite du rocher frappé par le prophète se présente l'image d'un pêcheur, et, près d'elle, celle d'un homme qui baptise*. L'enfant baptisé est plongé dans la même eau d'où le poisson est tiré par le pêcheur. Frappant exemple de ce parallélisme plein de sève et de profondeur, de ce rapprochement harmonieux de la réalité et de la figure, qui est un des principaux caractères du premier art chrétien. Ainsi, dans l'Évangile, le Christ, après avoir raconté ses paraboles, en expliquait ensuite le sens à ses disciples. Les peintures que nous avons sous les yeux parlaient aux premiers chrétiens de l'origine même de leur foi, et leur représentaient, sous trois aspects différents, cette eau baptismale qui en est la source.
Après la scène du baptême vient l'image du paralytique emportant son lit. Celle-ci est probablement une allusion au même mystère. Tous ceux qui ont visité la catacombe de Sainte -Agnès avec le P. Marchi se souviennent qu'il
I. S. Cyprien, £j7. ad Jub,^ t. II, p. 332. Dans les écrits des Pères, la source unique du Baptême et sa dérivation d'un rocher unique sont pris souvent comme types de l'origine et de l'unité de la foi, des sacrements de l'Eglise. Ceux qui attaquaient la validité du Baptême administré par les hérétiques n'avaient pas de meilleur argument contre leurs adversaires que cette unité du Baptême et de l'Eglise, et la prérogative de Pierre, son chef unique.
a. Planche VI, 3.
UART CHRETIEN. 339
voyait toujours dans la représentarion de ce sujet une figure du sacrement de Pénitence, un souvenir de ce paralytique de Capharnaum à qui Jésus dit : « Aie confiance, tes péchés sont remis. » Ce miracle de l'Évangile est cité de même dans les constitutions apostoliques comme un symbole du sacrement de Pénitence. Sur la muraille de notre cubiculum, entre les images du Baptême et les images voisines de l'Eucharistie, une allusion à de nouvelles souillures, et à la nécessité de recouvrer la grâce baptismale déjà perdue, semble peu en harmonie avec un ensemble de décorations où tout parle d'innocence et de paix, peu en harmonie surtout avec les mœurs et la discipline de la primitive Église, où, loin de faire de la pénitence le prélude nécessaire de l'Eucharistie, on administrait ordinairement celle-ci aux nouveaux baptisés, écartant bien loin l'idée qu'ils pussent jamais perdre ensuite la vie surnaturelle reçue dans les deux sacrements. « Nous parlons des pardons de Dieu, dit un écrivain du m* siècle, non à ceux qui jouissent de la grâce, mais aux malheureux qui l'ont perdue ; nons révélons ce secret, non avant le péché, mais après le péché *. » La conjecture du P. Marchi ne peut donc s'appliquer ici : il n'est pas probable que, dans une chapelle de cette époque, on ait représenté le sacrement de Pénitence comme l'anneau reliant le Baptême et l'Eucharistie. Nous croyons que tous les sujets de la muraille de gauche appartiennent au symbolisme de l'eau et font allusion au Baptême, comme ceux de la muraille voisine ont l'Eucharistie pour objet. La figure du paralytique se rapporte ici, non au miracle de Capharnaiim, mais à celui opéré par les eaux de la piscine de Bethsaïda, que TertuUien, Optât* et d'autres écrivains ecclésiastiques ont interprété comme figurant les eaux salutaires du Baptême.
Nous passons maintenant aux trois sujets peints sur la muraille qui fait face à la porte. Ils forment un groupe