Hieron., in IsaLmij XV, c
jj6 ROME SOUTERRAINE.
Daniel, l'histoire de Jonas, sont fréquemment représentés sur les fonds de coupe , soit seuls, soit réunis, Jésus-Christ y paraît souvent sous la figure du Bon Pasteur, ou multipliant les pains, ou changeant l'eau en vin; dans ce dernier sujet, sept urnes sont toujours figurées au lieu de six, sans doute pour montrer, par un nombre mystique et une dérogation au sens littéral, la signification symbolique de ce miracle, où les premiers chrétiens voyaient une figure de l'Eucharistie.
Dans les verres des catacombes, la sainte Vierge est quelquefois représentée seule, priant entre deux oliviers; elle est désignée par son nom écrit au-dessus de sa tête, MARIA. Quelquefois saint Pierre et saint Paul se tiennen à ses côtés (planche IX, n" i ) ; d'autres fois, elle est accompagnée de la vierge martyre sainte Agnès. Sainte Agnès est dessinée sur quelques fonds de coupe, soit seule (planche IX, n'a), soit entre saint Pierre et saint Paul, On y voit aussi
l'image de saint Laurent, saint Vincent, Hippolyte, Callîste, Marcellin, Sixte, Timothée, etc. ; mais, de tous les saints, les plus fréquemment représentés sont les deux chefs des apôtres.
Les personnes qui ont passé un été à Rome n'oublieront jamais l'enthousiasme avec lequel les Romains célèbrent la fête de leurs glorieux patrons. La grande basilique Vaticane est pleine d'hommes, de femmes et d'enfâots en habits de
fête; ils écoutent avec une fierté toute romaine Thymne triomphal qui éclate tout à coup sous la coupole, et remplit de son cri vainqueur l'immensité des nefs :
c O felix Roma ! quae duorum Principum Es consecrata glorioso sanguine, Honim cniore purpurata caeteras Excellis orbis una pulchritudines. »
Les sermons de saint Léon le Grand et les vers de Prudence nous montrent avec quelle solennité cette fête était célébrée aux iv* et v* siècles. « Le peuple, dit Prudence, se rassemble pour d'immenses joies. Dites-moi, ami, qu'estce que cela? Ils parcourent en courant Rome entière; ils poussent des cris d'allégresse, parce que le jour où se célèbre le triomphe des apôtres est arrivé, le jour ennobli par le sang de Pierre et de Paul *. » Ces réjouissances étaient alors comme aujourd'hui l'occasion de nombreux excès. Saint Jérôme, remerciant Eustochium de fruits et de friandises qu'elle lui avait envoyés en l'honneur de ce jour, ajoute ce grave avertissement : « C'est la fête du bienheureux Pierre; nous devons nous appliquer à honorer ce jour solennel non par l'abondance de la nourriture, mais par la joie de nos âmes. Il est absurde de manger avec excès pour fêter un martyr qui gagna le ciel par ses jeûnes *. » Saint Augustin déplore les orgies trop souvent mêlées au culte des saints, tt que les ivrognes poursuivent avec leurs coupes comme les païens furieux les poursuivaient jadis à coups de pierres '». Il gémit en particulier sur le scandale que des hommes avinés causaient a dans la basilique de saint Pierre * », sous les portiques de laquelle des agapes étaient offertes aux pauvres. Saint Paulin de Noies nous apprend comment dégénéraient ces agapes, comment a la table de Pierre reçoit ce que