I. IfM. S. Fil.,IX,v. Ï4I etaeq
3. Les coniaJini qui passeni la vigile de taint Pierre et uinc Paul Mir In marcheï et sous les colonnades de la Piazza di San Pietro n'ont pas à braver le ii-oid.
trie de saint Paulin, décorer leurs coupes de fête d'images si belles et si saintes qu'ils oubliassent d'y verser du vin afin de les mieux contempler? Quatre-vingts coupes sur trois cent quarante, publiées par le P. Garrucci, sont ornées des portraits de saint Pierre et saint Paul et servirent probablement dans les festins et les réjouissances du jour anniversaire des deux apôtres, si chers aux chrétiens du iv° siècle. Les inscriptions qui accompagnent ces images confirment cette supposition, car elles font souvent allusion à des repas de fète. En voici quelques-unes : DIGNITAS AMICO- RVMPIE ZESESCVMTVISOMNIBVSBIBAS. — DIGNITAS AMICORVM PIE ZESES CVM TVIS OMNIBVS BIBE ET PROPINA. — CVM TVIS FELICITER ZESES. — q4u nom de Vamitié^ bois, et longue vie* à toi et aux tiens, — q4u nom de F amitié, boiSy vis avec tous les tiens, et porte une santé (propina). — Vie et bonheur à toi et aux tiens. Une inscription plus religieuse est celle-ci : HILARIS VIVAS CVM TVIS OMNIBVS FELICITER SEMPER IN PACE DEI ZESES. — Vis joyeux avec tous les tiens, vis éternellement heureux dans la paix de T^ieu. Sans doute plus d'un pieux chrétien suivait à Rome l'usage que sainte Monique avait appris en Afrique et dont saint Augustin parle avec un sourire attendri : elle apportait avec elle les jours de fête « une petite coupe de vin trempé d'eau, suivant son habitude frugale : elle en goûtait par convenance ( unde dignationem sumeret). Et si plusieurs tombes saintes devaient être honorées de cette manière, elle portait à la ronde la
I. DIGNITAS AMICORVM paraît avoir été réquivalent du mot Digni amici, que les Romains adressaient à leurs convives en portant leur santé. Saint Augustin fait évidemment allusion à cette formule dans le passage cité plus loin , à propos de Thonneur que sainte Monique rendait aux saints avec sa coupe de vin. DIGNITAS AMI- CORVM se lit sur une ttssera chrétienne publiée par Boldetd.
a. PIE ZESES , pour irtt, l^ticrn;, mots grecs d'un usage très-répandu à Rome. BIB AS peut être entendu littéralement, ou lu VIVAS; dans les inscriptions des catacombes, BIXIT est très-souvent écrit pour VIXIT.
même coupe, et quand celle-ci était dévenue non-seulemenl plus pleine d'eau que de vin , mais encore tiède et peu fraîche, elle en offrait à chacun de nous une petite gorgée, car elle cherchait là non le plaisir, mais la satisfaction de sa piété*. »
Les représentations des apôtres, si fréquentes dans les coupes chrétiennes, sont-elles des portraits, ou simplement des types conventionnels inventés par les peintres et perpé • tués par une tradition artistique? Eusèbe affirme avoir vu « des portraits des apôtres Pierre et Paul et du Christ luimême exécutés en peinture » , et il ajoute que « c'était la coutume des anciens d'accorder cet honneur à ceux qui les avaient sauvés ou délivrés d'un péril * ». On ne peut nier que le visage des apôtres ne présente, sur un. grand nombre de verres, une certaine fixité de type qui permettrait souvent de les reconnaître même en Tabsence de toute inscription •.
La plus ancienne image connue des deux apôtres est probablement celle qui se voit sur une médaille de bronze conser\'ée à la bibliothèque Vaticane (planche X, n' i). Cette médaille a près de sept centimètres et demi de diamètre : elle est d*un style ferme et vraiment classique; les têtes sont terminées au burin avec le plus grand soin. Elle fut découverte par Boldetti dans le cimetière de Domitille et remonte probablement à Tépoque des Flaviens, quand Fart grec florissait encore à Rome, Les portraits sont vivants et naturels : ils ont un accent individuel très-marqué. Une des têtes est couverte d'une chevelure courte et bouclée; la barbe, également bouclée, est courte, les traits du visage rudes, un peu vulgaires. L'autre figure a plus de caractère, un aspect plus noble et plus fin : le front est chauve, la barbe épaisse et longue. Cette précieuse médaille est conforme à la tradition
I Conf., VI, a.
a. Hist, eccUs,j Vif, c. 18.
3. Les actes de saint Sylvestre parlent de deux personnages que Constantin vit en songe, et qu*il reconnut ensuite dans les portraits de saint Pierre et saint Paul que le pape plaça sous ses yeux.
conservée par Nicéphore Calliste* relativement à Tapparence personnelle des deux apôtres ; la tête plus rude est celle de saint Pierre, l'autre celle de saint Paul. Ces différences individuelles se retrouvent dans la plupart des verres, à l'exception de quelques-uns d'une exécution trèsinférieure. Les deux apôtres sont souvent représentés Tun à côté de l'autre, debout ou assis. Quelquefois le Christ tient dans les airs une couronne suspendue sur la tête de chacun d'eux; d'autres fois une seule couronne pend entre Pierre et Paul , comme pour montrer que « dans la mort ils ne furent pas séparés ». La couronne est quelquefois une sorte de cercle dans lequel est inscrit le labarum ou le monogramme :^; souvent elle est supportée par un pilier, comme pour symboliser « le pilier et le fondement de la vérité », qui est a l'Eglise connue dans tout l'univers, la très-grande et très-ancienne Église fondée et organisée par les glorieux apôtres Pierre et Paul* ». M. Palmer'* conjecture que, sur beaucoup de ces verres, l'Église romaine est personnifiée dans ses deux fondateurs et patrons plutôt que les apôtres eux-mêmes n'y sont personnellement représentés. C'est ainsi que nous les voyons placés debout aux côtés de la sainte Vierge, de sainte Agnès et d'autres saints, qui ont les mains étendues dans l'attitude de la prière *, tandis que les apôtres se tiennent droits, les bras pendants ou ramenés sur la poitrine , et quelquefois même sont représentés de plus petite stature. On ne peut avoir voulu mettre sainte Agnès audessus du chef des apôtres, ni la montrer priant pour des saints qui avaient « achevé leur course » près d'un siècle et demi avant elle. Il nous semble plutôt voir, dans ces com-
I. Voir aussi saint Jérôme, Comment, in Ep. ad Galac^J^ 18, t. Vil, p. 329, éd. Migne. Par une curieuse coïncidence on lit dans les Actes apocryphes des apôtres, édités par Tischendorf, que Dioscore, qui avait saivi saint Paul à Rome, et fut pris pour lui et décapité à sa place, était chauve, xal aùro; dva^ otXav^i; 6ffdépx«>>v*
a. Iren., adv. Hœres.^ III, 3,