‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 186 sur 228 · I?e Gemma animer j I · texte numérisé non relu

I?e Gemma animer j I

seraient pas faits de métaux précieux; ils rapportent seulement qu'il fit faire des vases d'argent, et en particulier un certain nombre de patènes correspondant à celui des tituli ou paroisses de Rome. L'histoire de saint Sixte II et de saint Laurent montre que les trésors de l'Église étaient sans cesse exposés à la confiscation : avoir toujours à sa disposition des calices d'or et d'argent aurait été aussi difficile à l'Église persécutée qu'il le serait de nos jours aux communautés chrétiennes qui vivent sous le joug musulman^. Quand vinrent des temps plus prospères, quand les libéralités des empereurs et des riches Romains convertis eurent rempli de vases précieux le trésor de l'Église, l'usage des calices de verre disparut sans doute peu à peu *, et peut-être quelquesuns de ces verres, désormais hors d'usage, mais qui avaient, aux jours de la persécution, contenu le sang de Jésus- Christ, furent-ils déposés comme signe de respect et d'affection, comme de pieuses reliques, près de la tombe des défunts; plusieurs des fonds de coupe que nous possédons peuvent être , dans cette hypothèse , des fragments de calices.

Lgs patence vitreœ dont parle le Livre pontifical n'étaient pas des calices. Elles ne servaient pas à Tévêque ou au prêtre célébrant; mais, selon l'antique discipline, d'après laquelle, les dimanches et les jours de fête, tous les prêtres des villes épiscopales devaient assister à la m^sse de l'évêque , saint Zéphyrin ordonna que les prêtres des divers tituli fussent accompagnés en ces occasions par un ministre portant une patène de verre, sur laquelle un certain nombre d'hosties consacrées seraient déposées pendant la messe de l'évêque,

I. L'un des auteurs de ce livre, voyageant sur le Nil, reçut un jour la visite d'un prêtre copte qui avait vu un verre à bière dans le salon du paquebot, et le demandait avec instances pour en faire un calice. En Egypte, toutes les communautés coptes se servent de calices de verre.

a. Au IV* siècle, et même plus tard, on se servait librement, sinon d Rome^ au moins hors de Rome, de vases de verre pour la célébration du sacrifice de la messe. — Bianchini , Anastas. vita pontif.. t. II, pp. 171, 179.

et emportées par les prêtres pour être distribuées par eux aux fidèles de leurs paroisses respectives, « tous participant au même pain, » en signe d'union avec Févêque qui l'avait consacré. « Pensez, dit saint Ignace d'Antioche, que vous n'avez qu'une seule Eucharistie ; car la chair de Notre-Seigneur Jésus -Christ est une, et il n'y a qu'un calice dans l'unité de son sang. Un seul autel, un seul évêque, avec les prêtres et les diacres, mes compagnons dans le service de Dieu *. » Les fragments des deux grandes patènes découvertes à Cologne correspondent exactement aux patènes eucharistiques prescrites par Zéphyrin. Les sujets bibliques qui les décorent, l'absence, sur Tune et l'autre, de toute inscription faisant allusion à la joie des festins et à des réjouissances profanes, s'accordent parfaitement avec cet usage liturgique ; et l'on peut supposer que les petits médaillons de verre dont nous avons parlé sont aussi des débris des patènes sur lesquelles on transportait le saint sacrement de l'autel dans les diverses églises de Rome. Le P. Garrucci admet cette hypothèse, quoique, d'après lui, aucun des fonds de coupe trouvés dans les catacombes n'ait fait partie d'un calice. Ld.patena découverte près de l'église de Sainte-Ursule en 1866 diffère de celle que nous publions plus haut en ce que les sujets, au lieu d'être des médaillons formés d'un double verre, sont peints en or et en couleurs sur la surface du plat; ils sont d'un dessin plus correct et paraissent appartenir à une meilleure époque.

I. S. Ignat., ad Philadelph,^ c. 4. Cf. ad Smyrn.^ c. 8 : « Que Ton considère comme une vraie Eucharistie celle qui est administrée par l'évéque ou par celui qu'il en a chargé. »

y2 ROME SOUTERRAINE.

Page 1