‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 25 sur 228 · Act.j XVIII · texte numérisé non relu

Act.j XVIII

6. Josèphe, Ant.^XTVy 10, 8. D'après cet écrivain (ibid.^ XVII, 12), le nombre des Juifs de Rome aurait été de huit mille, près du double de la population actuelle du Ghetto. Cicérou parle de l'union et de l'importance des Juifs de Rome : « Multitudinem Judcorum flagrantem nonnunquam inconcionibus... Scis quanta sit manus, quanta concordia ,

jouissaient les Juifs fut troublée, il est vrai, par des tempêtes piftssagères ; mais elles avaient peu de durée, et ne laissaient aucune trace dans les lois. On vit ainsi les Juifs bannis de Rome sous Tibère * et sous Claude * ; ce fut une simple mesure de police, arbitraire et temporaire; jamais le décret de Tibère permettant « aux Juifs, ses sujets, de conserver leurs anciennes coutumes sans crainte d'être inquiétés' » ne fiit abrogé. Aussi voyons-nous saint Paul, quelques années après le second bannissement, trouver à Rome un grand nombre de Juifs et pouvoir les réunir en toute liberté dans sa maison pour leur prêcher la parole de Dieu*.

Les inscriptions des catacombes juives et quelques mots de Suétone prouvent que la protection légale s'étendait aux deux classes de prosélytes, les prosélytes de justice et les^rosélytes de la porte. Les premiers embrassaient le judaïsme avec toutes ses observances et acquéraient la nationalité juive. Les seconds, quon appelait aussi les « craignant Dieu », timentes Deum^ n'avaient qu'une obligation : renoncer à l'idolâtrie et s'abstenir du sang et des viandes suffoquées. La même règle avait été imposée à l'Église naissante par le concile de Jérusalem^ et les chrétiens, menant exactement la même vie que les prosélytes de la porte, paraissaient naturellement confondus avec eux. Aussi longtemps que dura cette confusion, la communauté chrétienne partagea la protection accordée aux Juifs par les lois romaines. Les chrétiens étaient « proches parents des Juifs », selon l'énergique expression de TertuUien, « et

quantum valebant... » (Pro Flacco). Auguste leur permît de participer aui distributions de blé faites au peuple : si elles avaient lieu un jour de sabbat, la part des Juifs leur était remise le lendemain (Philon^ De Ugat. ad Caium] .

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