Hist, eccl.^ III, i
3. S. Hieronym., Interp, Chron, Euseb, Pamph.y A. D. 98. — Opera^ t. VIII, p. 605, éd. Migne : a Scribit Bruttius plurimos christianorum 8ub Domitiano fecisse martyrium , iiiter quos et Flaviam Domitillam Flavii démentis consulis ex sorore neptem in insulam Pontiam relegatam, quia se christianam esse testata sit. »
ORIGINE DES CATACOMBES. $i
laquelle > celle de cette même Domitilla dont Thistorien Bruttius a mentionaé avec tant de soin la confession et le martyre.
Gompterons-nous parmi les premières chrétiennes cette noble dame dont parle Tacite au treizième livre des Q4nnales^ Pomponia Grœcina, femme de Plautius, le conquérant de la Bretagne sous Claude? L'immortel historien nous apprend que, Tan 58, elle fut accusée d'avoir embrassé « une superstition étrangère. » La cause fut déférée au jugement de son mari et de ses proches, qui la déclarèrent innocente. Elle vécut jusqu'à une extrême vieillesse, conservant « une tristesse continuelle ». Personne cependant ne songea dans la suite à renouveler contre elle l'ancienne accusation, et, à la fin, le genre de vie qu'elle avait embrassé « lui tourna en gloire », mox in gloriam vertit. Nous reconnaissons que ce récit de Tacite est moins explicite que le passage de Dion sur Flavius Clemens; et cette histoire se lie moins étroitement que celle de Domitille à l'histoire des catacombes. Ici encore cependant l'archéologie chrétienne est venue jeter une lumière inattendue sur les obscurités des textes. On a récemment découvert dans une chambre du cimetière de Calliste l'inscription funéraire d'un petit-fils chrétien de Pomponia Grœcina.
Un point demeure acquis après l'étude rapide à laquelle nous venons de nous livrer : c'est que dès le début de la prédication chrétienne l'Eglise recruta des adhérents dans tous les rangs de la société romaine et non pas, comme on le dit si souvent encore, dans la seule classe des prolétaires et des esclaves. L'histoire du premier âge des catacombes prouvera jusqu'à l'évidence ce fait incontestable. Avant d'en commencer le récit, deux questions doivent être encore examinées : quelle était, aux yeux de la loi, la situation des premiers chrétiens, et de quelle liberté jouissaient leurs réunions religieuses et leurs rites funéraires ?
Le gouvernement impérial prit d'abord les chrétiens pour une secte juive. Gallion, proconsul d'Achaïe, renvoie saint Paul de son tribunal parce qu'il ne veut pas connaître
p ROME SOUTERRAINE.
« de querelles de mots et de débats sur la loi des Juifs * ». Claudius Lysias écrit à Félix, procurateur de Judée, que Paul a été amené devant lui « à propos de discussions relatives à la loi des Juifs *. » Festus explique à Agrippa d'où vient la haine des Juifs contre Tapôtre : elle a pour cause « certaines questions regardant la superstition juive, et le fait d'un Jésus qu'ils disent mort et que Paul affirme vivant '. » On sait dans quels termes* Suétone mentionne le bannissement des Juifs par |Claude, bannissement dans lequel furent compris les deux époux chrétiens Aquila et Priscille'. Il résulte du texte de Suétone, d'une part, que les Juifs excitèrent une sédition au sujet des chrétiens, et, d'autre part, que Juifs et chrétiens étaient considérés par les hommes d'Etat de Rome comme appartenant à une seule et même religion. Les Romains voyaient les chrétiens adorer le Dieu de Moïse, invoquer l'autorité des prophètes , présenter leur religion comme l'accomplissement des promesses et la réalité des types de l'Ancien Testament. Les différences essentielles des deux cultes échappaient naturellement à l'œil de politiques qui n'étaient pas théologiens de profession et se souciaient médiocrement des choses religieuses. Cette confusion profitait aux chrétiens, qui jouissaient grâce à elle de la protection accordée aux Juifs par la loi romaine.
Car depuis Jules César le judaïsme était reconnu comme licite ; ses usages nationaux et ses pratiques religieuses avaient reçu dans Rome droit de cité •. La paix légale dont