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volume de mon ouvrage, et quatre depuis celle du deuxième volume : malgré les guerres, les crises politiques, les désastres qui ont bouleversé TEurope et l'Église pendant cette coiute période d'années mémorables, une première édition richement ornée de planches coûteuses a été épuisée, le premier volume a été réimprimé, et toute une série d'abrégés en anglais, en français, en allemand, a été entreprise par des hommes graves, capables de bien interpréter ma pensée, et d'y ajouter le résultat de leurs méditations et de leurs études. Au moment même où j'écris ces lignes, plusieurs livres de ce genre, préparés pendant une guerre gigantesque, se présentent au public, au lendemain de la paix, en France et en Allemagne. J'ai fait exécuter sous mes yeux l'atlas des planches chromolithographiques qui décorent la Rome souterraine publiée en France par M. Paul Allard, et je tiens à témoigner publiquement ma grande reconnaissance et ma sympathie à un auteur que ni les désastres inouïs de sa patrie, ni les sombres perspectives de l'avenir, n'ont détourné d'une entreprise littéraire difficile, et qui eût pu sembler réservée à des temps meilleurs. Je voudrais trouver des paroles capables d'exciter ceux qui peuvent, comprendre le haut intérêt des recherches sérieuses historiques et leur influence sur la culture des nations chrétiennes : je voudrais aider à obtenir la récompense méritée par tant de dévouement à la science et à la vérité. Mais je ne suis pas éloquent, et tout mon art d'écrivain consiste dans l'expression claire, simple et vraie de ce que je pense, de ce que je sais et de ce que je crois. Au lieu donc de m'en-
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gager dans des considérations générales, je me bornerai à exposer en toute simplicité ce que je pense de ce volume, que je veux moi-même présenter au public .
J^ai fait de même, il y a deux ans, pour le livre de mon savant ami M. le comte Desbassayns de Richemont, intitulé les Nouvelles Etudes sur les Catacombes romaines. Peu après son apparition éclata la guerre, qui Taurait suffoqué dans sa naissance, si son mérite ne l'avait sauvé. 11 vient de recevoir Phonneur d'une traduction en Allemagne, ce qui me semble, dans les circonstances actuelles, une preuve éclatante de la valeur intrinsèque de Touvrage. Le livre de M. de Richemont n'est nullement un abrégé de ma Roma sotterranea : il est même dépourvu de tout dessin des monuments. C'est un tableau synthétique de mes études, de celles de l'auteur, et de l'état actuel de la science au sujet des monuments primitifs du christianisme, tableau plein de substance et d'originalité. 11 a sa place distincte de celle de la Rome souterraine abrégée : la lecture en sera trèsprofitable à ceux-là mêmes qui auront été initiés à l'étude attrayante des catacombes par le beau volume orné de dessins et de planches qu'en ce moment je recommande.
L'œuvre des auteurs anglais de la Rome souterraine abrégée, leurs mérites, leur plan et la part de nouveauté qui appartient à l'édition française, ont été indiqués avec autant de sincérité que de modestie dans l'Avant -Propos de ce volimie. J'ajouterai seulement qu'en ce moment un livre tout à fait analogue commence à paraîtJie en Allemagne. M. le professeur
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Kraus, dont la science en fait d'antiquités chrétiennes est bien connue, a traduit à son tour en allemand le livre des auteurs anglais, en Tamplifiant et le modifiant selon son propre goût et celui de ses compatriotes. Cette édition, pourtant, n'est pas décorée de dessins coloriés, comme celles de Londres et de Paris. Ainsi, chacune des trois grandes nations de FEurope aura dans sa langue un abrégé de mon ouvrage italien, et chaque abrégé a été composé, modifié, édité de la manière la plus appropriée aux besoins et au goût du pays auquel il s'adresse. La part directe que j'ai pu prendre à l'édition de l'abrégé firançais m'autorise à l'adopter d'une manière spéciale, et à le reconnaître comme l'expression de ma pensée dans la mesure que je vais expliquer. Je ne dois ni m'approprier ce qui ne m'appartient pas, ni, dans ce qui peut m'appartenir, avouer une responsabilité que les savants auteurs anglais et français, dans leur réserve si discrète, ne veulent point m'imposer.
Le plan de la Rome souterraine abrégée, tel qu'il a été adopté par son principal auteur, mon ami de vieille date, M. le docteur Northcote, et par son collaborateur M. Brownlow, diffère essentiellement de celui des épitomés de l'ouvrage de Bosio et de son traducteur latin Aringhi, publiés au xvii* siècle. Ceux - ci ne furent guère que des reproductions incomplètes, plus ou moins mutilées et réduites, de l'ouvrage principal, suivant l'ordre exact de ses livres et chapitres, et répétant presque textuellement les paroles de l'auteur. Les deux écrivains anglais, très-versés dans la science de leur sujet, connaissant
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de visu les lieux et les monuments, les ayant étudiés dans tous leurs détails, ont refondu mon ouvrage sans s'astreindre à en suivre servilement les divisions : ils Font même augmenté de notions empruntées à mon Bullettino di archeologia cristiana, aux ouvrages d'autres archéologues, et à leurs études personnelles. Ils en ont fait ainsi un livre nouveau et en partie original. Je signalerai en particulier le résumé riche et complet que nous devons à M. le docteur Northcote de ce que j'ai écrit en divers endroits, et quelquefois plutôt indiqué que développé, sur la légalité des sépultures chrétiennes pendant les siècles de persécution. Je signalerai aussi au même titre, et comme puisés en quelques parties à des sources étrangères à mes ouvrages, les beaux chapitres de M. Brownlow sur les verres et les sarcophages chrétiens. M. AUard a suivi à son tour la même direction, a précisé, sur un grand nombre de points, des sujets que les premiers auteurs avaient seulement esquissés, et a surtout ajouté à leurs places respectives les indications des nouvelles découvertes annoncées dans mon Bullettino depuis la publication du volume anglais. Malgré tant de remaniements de ma pensée et de ma manière de la présenter et de l'exprimer, malgré les additions empruntées à des sources étrangères, ces interprètes intelligents et fidèles ont su condenser dans leurs pages la substance de mon ouvrage sans l'altérer : ils ont réussi dans l'entreprise littéraire la plus délicate et la plus difficile, s'étant, pour ainsi dire, identifiés avec un auteur qu'ils ont cependant transformé à leur gré et avec une grande liberté. J'ai relevé de légères inexacti-