‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 43 sur 228 · Tertull., ad ScapuL^ c · texte numérisé non relu

Tertull., ad ScapuL^ c

gienx de leurs areœ : « Q4reœ non sint! » Ce fait est plein d'enseignements. 11 nous montre de quelle publicité jouissaient au commencement du m* siècle les sépultures des chrétiens, si bien connues du peuple de Carthage. Il nous fait voir clairement quelle protection leur assurait le droit funéraire romain, puisque la foule ameutée en était réduite à demander contre elles une modification à ce droit, et qu'une telle modification était nécessaire pour ouvrir aux haines des persécuteurs l'invisible barrière qui avait protégé les sépultures chrétiennes pendant deux siècles. Le gouvernement impérial résista longtemps encore à ce cri populaire. Le premier édit de persécution qui, à notre connaissance, ait fait mention des cimetières chrétiens fut publié en Tan 257 par l'empereur Valérien. Il en interdisait l'usage, mais plutôt, comme on le verra, en qualité de sanctuaires ou de lieux d'assemblées secrètes qu'à titre de cimetières. A partir de cette époque, la plupart des édits de persécution font mention des cimetières. Ce court exposé d'un sujet qui remplirait des volumes suffit à nous montrer quelle fut, à partir du m* siècle, la situation, en apparence double et contradictoire, de l'Eglise chrétienne, illégale comme religion, licite comme corporation. L'histoire des catacombes achèvera de faire comprendre l'étrange existence juridique de cette société qui, à l'exemple de saint Paul, faisait respecter en elle les privilèges du citoyen romain et mourait martyre.

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