‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 47 sur 228 · De Vogué, Us Eglises de la Terre-Sainte^ p · texte numérisé non relu

De Vogué, Us Eglises de la Terre-Sainte^ p

$. Minuc. Fel., Octavius, c. II, p. 461, éd. 1838; ibid. c. X, p. 468.

8o ROME SOUTERRAINE.

clore des sarcophages, c'est-à-dire des tombes où des cadavres entiers, et non des cendres, étaient contenus. D'autre part, cette formule épigraphique est d'une extrême rareté * dans les épitaphes chrétiennes ; sur douze mille inscriptions chrétiennes trouvées à Rome, à peine trentecinq la présentent, tandis que sur mille inscriptions païennes de la même époque, de neuf cents à neuf cent cinquante la reproduiraient. La négligence ou l'ignorance de quelques familles chrétiennes put laisser un marbrier païen écrire cette formule, qui était devenue de style sur les tombeaux romains ; on y attachait si peu d'importance qu'on trouve quelquefois, sur la même pierre, les lettres D. M. rapprochées du monogramme du Christ.

Quoique différent du mode de sépulture que les Romains suivaient sous l'empire, celui adopté par les chrétiens n'eut, on l'a vu, rien d'étrange et d'insolite. Le monde antique le connaissait depuis longtemps, la Phénicie, la Palestine, l'Étrurie, Rome même en offrent des exemples. L'Église grandit au milieu des Juifs et des païens, et elle n'affecta pas de rompre violemment avec la société qui l'entourait. Elle semble, au contraire, s'être appliquée à contredire le moins possible ses lois, ses usages et ses mœurs, en tout ce qui n'était pas contraire à la loi divine et repoussé par la conscience des fidèles. Elle réclama de bonne heure comme son bien ce qui était bon et vrai dans les religions auprès desquelles elle vivait, tout en gardant intactes et séparées la pureté et l'originalité de sa constitution. Aussi, loin de paraître une innovation, l'ouverture des premières catacombes ne dut-elle surprendre personne. Les chrétiens usaient de la liberté accordée à tous en matière de sépulture ; ils enterraient leurs morts suivant un usage antique, que venait de consacrer pour eux l'exemple de leur divin fondateur. Ils commencèrent ainsi

I. QvLSLm rarissime^ partim oscitantia, partim aliis de causis, christianis adhibitam epitaphiis fuisse sacis constat. — De Rossi^ Spicilegium SoUsmense^ III, 551,

à creuser des cimetières, çà et là, en divers quartiers de Rome, partout oii l'occasion s'en présentait, et où cela devenait nécessaire, ne se préoccupant pas encore de l'avenir, ne prévoyant guère sans doute les énormes proportions que prendrait bientôt ce travail et les usages multiples auxquels serviraient les catacombes.

Quelques-uns de ces premiers cimetières ont conservé leur destination primitive, sont demeurés ce qu'ils étaient originairement, des lieux de sépulture privée : on a découvert dans les environs de Rome des cimetières chrétiens consistant en une seule chambre. D'autres, commencés dans ces proportions modestes, se sont, avec le temps, démesurément accrus, et ont servi comme de noyau à de plus vastes catacombes ; quelques parties seulement de ces cimetières devenus publics sont demeurées, soit en vertu de la destination primitive, ^oit par une concession postérieure, Tapanage exclusif de familles particulières. L'inscription suivante, récemment découverte dans la catacombe de Saint-Nicomède *, située dans les jardins de la villa Patrizzi, hors la porte Pia, paraît faire allusion à l'un de ces emplacements réservés :

I. Lc« actes de S. Nicomède rapportent qu'il fut enterré a dans le jardin de Justus, près des murs de la ville ». L'auteur cité par Guillaume de Malmesbury place aussi sa tombe près de cette porte de

On en peut dire autant de celle-ci, qui se voit encore dans une des plus anciennes parties du cimetière de Domitille, à peu de distance du tombeau des saints Nérée et Achillée :

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