IN —DOMINO
Ces deux inscriptions sont très -anciennes. Rien n'y indique la moindre précaution contre les lois qui proscrivaient la religion chrétienne. Elles annoncent, aussi librement et aussi franchement que pourrait le faire une inscription païenne, à quelles personnes sont exclusivement destinés ces monuments : à celles, seulement, qui appartiendront à la religion du propriétaire du tombeau, fidentibus in Domino , ad religionem pertinentes meam^. On ne trouverait pas, dans les milliers d'inscriptions païennes que nous possédons, une phrase analogue à celle-ci. Il est douteux que ce mot, religionem meam^ eût présenté un sens précis à une intelligence païenne. Il n'aurait été aisément compris que d'un juif ou d'un chrétien. Mais un chrétien n'eût pas osé l'écrire à une époque où sa religion aurait été condamnée et déclarée illicite; il l'eût osé d'autant moins, que l'inscription de la villa Patrizzi paraît avoir appartenu à un tombeau construit à fleur de terre. Cette inscription nous reporte donc ou à l'époque
Rome. Voir, sur les hypogées et les inscriptions de la villa Patrizzi, BulUttino di arch, crist,, 1864, p. 80; 1865, pp. 49, 53, 94; 1868, p. 32. I. Ostendit Dominus... inter fidelem filium patremque infidelem jus paterni nominis non relinqui. Non obsequium humandi patris negavit, sed... admonuit non admisceri memoriis sanctorum mortuos infideUs. — Saint Hilaire de Poitiers, Comm. in Match, j c. vu.
d'absolue liberté qui précède la persécution de Néron, ou à l'intervalle de paix qui s'étendit entre sa mort et l'élévation de Domitien au trône, ou aux jours calmes du règne de Nerva et des premières années de celui de Trajan*.
I. Voir, sur les matières traitées dans ce chapitre et dans le chapitre précédent, un important travail publié par le D' Northcote dans la revue anglaise The Month^ mai et juin 1870, sous ce titre : Pagan Inscriptions and Christian Cemeteries,