‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 74 sur 228 · Lih.pont.y XCVII, XCVIII · texte numérisé non relu

Lih.pont.y XCVII, XCVIII

Saint-Erienne sur la voie Latine, et les cimetières de Saint- Calliste et des saints Félix et Adauctus. Malgré les efforts de ces trois papes, Pascal I**", successeur de Léon, fut contraint d'imiter l'exemple de Paul I", et d'enlever un grand nombre de corps saints des cryptes chaque jour plus délaissées et plus ruinées. Une inscription encore visible dans réglise de Sainte-Praxède atteste qu'il transporta dans Rome deux mille trois cents corps le 20 juillet 817. Après ces solennelles translations, on pouvait croire les catacombes épuisées. Il n'en était rien cependant; Sergius II et Léon IV transportèrent encore dans les églises qu'ils avaient fait construire, Saints Sylvestre et Martin et les Quatre saints couronnés, les restes de plusieurs martyrs dirutis in cœmeteriis jacentia, A cette époque probablement remonte la tradition des trente-deux voitures pleines d'ossements sacrés qui auraient été conduites au Panthéon : tradition qui n'est sans doute qu'un fait historique embelli et défiguré. Bien longtemps avant qu'on ait songé à ouvrir les tombeaux des catacombes, et à en extraire les restes des saints, Boniface IV, ayant reçu le Panthéon en don de l'empereur Phocas, le consacra, en effet, en y transportant des reliques;

mais ces reliques ne furent probablement autre chose que des linges ayant touché aux tombeaux des martyrs, ou des huiles ayant brûlé devant eux, et recueillies, suivant l'usage, dans de petites fioles *.

Les documents qui mentionnent les nombreuses translations de corps saints leur donnent pour cause l'état de ruine et d'abandon des cimetières. A leur tour elles augmentèrent cet abandon, et rendirent cette ruine définitive. Au commencement du v^ siècle, les cimetières suburbains avaient cessé d'être des lieux de sépulture pour devenir des lieux de pèlerinage ; dans la première moitié du ix*, ils cessèrent d'être des lieux de pèlerinage pour devenir des ruines chaque jour plus délaissées. A partir de cette époque, en effet, l'histoire des catacombes est finie. Elles sont encore

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