‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 75 sur 228 · I. Voir page · texte numérisé non relu

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acddentellement visitées, mais la foule des fidèles n'en connaît plus le chemin. L'oubli les envahit par degrés. C'est à peine si, dans tout le cours du moyen âge, leur nom apparaît deux ou trois fois dans les relations des pèlerins. On lit dans une vie du pape Nicolas P*" (860) qu'il visitait assidûment les cimetières, et y rétablit la célébration de la messe, quod multos per temporum cursus ab eo discesserit; mais ce texte s'applique probablement aux basiliques cémétériales plutôt qu'aux souterrains eux-mêmes. Les guatre ou cinq cimetières nommés dans les relations des XI* et xii*' siècles ne durent qu'au voisinage d'églises ou de monastères la notoriété qui leur attirait encore quelques visites de voyageurs et de pèlerins. Une chronique du XI* siècle rapporte qu'un pèlerin visitant le cimetière de Saint- Valentin sur la voie Flaminienne obtint du custode le don de quelques reliques ; le récit ajoute que des lampes brûlaient dans ce cimetière jour et nuit. Le cimetière de Saint- Valentin était, comme celui de Sainte- Agnès, situé sous une propriété de l'ordre des Augustins, et le custode dont parle le chroniqueur paraît avoir été l'abbé lui-même. Les cimetières protégés ainsi par le voisinage des monastères finirent par tomber à leur tour dans l'oubli général. Dans une statistique des églises et du clergé de Rome, dressée au XIV* siècle, on ne voit plus mentionnées que trois des églises attachées aux cimetières suburbains : celle de Saint-Valentin, dont nous venons de parler, celle de Saint-Hermès et celle de Saint-Saturnin. Au xv* siècle, ces trois églises ellesmêmes ont disparu, l'emplacement de tous les cimetières est oublié, un seul reste toujours ouvert, et continue d'être fréquenté par les pèlerins, celui que l'on peut voir encore sous l'église de Saint-Sébastien, et que tous les anciens documents appellent cœmeterium ad catacumbas.

C'est là un fait important à noter. Il indique comment le nom générique de catacombe fut étendu à tous les cimetières de Rome. En même temps il rend compte d'une grave erreur topographique relative au cimetière de Calliste, qui embarrassa et qui égara tous les archéologues

romains jusqu'à ces derniers temps. Dans les anciens documents le mot catacumbas est toujours employé pour désigner et le cimetière de Saint-Sébastien et la partie de la campagne romaine dans laquelle il est situé. Ainsi le cirque bâti par Maxence, dont les ruines sont toutes voisines de la basilique, était autrefois appelé le circus ad catacumbas. Le cimetière de Saint-Sébastien est désigné dans les anciennes listes des cimetières romains comme le cœmeterium catacumbas ad sanct. Sebastianum via Q4ppiâ. Quand l'emplacement des autres cimetières de Rome eut été perdu, et que seul celui de Saint-Sébastien fut demeuré connu des fidèles et visité par les pèlerins (car il resta toujours ouvert, et les Libri indulgentiarum^ composés en diverses langues et à diverses époques, ne cessèrent jamais de le mentionner), on finit par confondre avec lui les différents cimetières cités dans les martyrologes et les vies des papes : une visite aux cimetières et une visite ad catacumbas devinrent synonymes; et le mot catacombe, prenant ainsi une acception générale, fut étendu peu à peu à l'universalité des cimetières souterrains, non-seulement de Rome , mais de Naples , de Malte , de Paris, de Sicile, d'Egypte, de tous les lieux où ont été découvertes des cryptes sépulcrales.

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