I. Voir page 41, figure
sont paraissent de construction plus récente que le reste de . la crypte.
Vers le temps de Marc-Aurèle, dans la seconde moitié du ii« siècle, une autre area fut donnée à TÉglise, probablement par la gens Cscilia. Cette area (III) est située sur le bord de la route joignant la voie Appienne à la voie Ardéatine, et se mesure par deux cent cinquante pieds sur cent. Elle renferme la chapelle des papes, la chapelle de Sainte- Cécile, et plusieurs cubicula d'une immense valeur au point de vue du dogme, de l'histoire et de l'art. Dans cette area^ de même que dans la crypte de Lucine, les cubicula ne s'ouvrent pas en face les uns des autres, mais tous du même côté d'un vaste ambulacre. Plusieurs sont richement décorés, et renferment des peintures d'une haute antiquité et d'une extrême importance. Cette area peut être considérée comme la première du cimetière de Calliste, puisque la crypte de Lucine formait originairement un cimetière séparé. On y rencontre beaucoup de tombes d'une forme particulière : ce sont des loculi n'ayant à l'entrée que la largeur ordinaire, et creusés à l'intérieur assez profondément pour pouvoir contenir un grand nombre de corps.
Une deuxième area (V), mesurant cent cinquante pieds in f route sur vingt-cinq in agro, fut construite peu de temps après celle-ci (première moitié du iii^ siècle) de l'autre côté de la voie Appio-Ardéatine. On j trouve de larges chambres s'ouvrant des deux côtés d'une même galerie, et éclairées, deux ensemble, par un même luminaire. Les arcosolia sont nombreux dans cette région ; les cubicula y présentent peu de traces de peintures, mais il est facile de voir qu'à l'origine leurs parois intérieures étaient revêtues de marbres.
Une troisième area (VI), contiguè* à la précédente, et limitée d'un côté par la voie Appio-Ardéatine et d'un autre par une voie qui se dirige vers les catacombes de Saint- Sébastien, paraît avoir été donnée à l'Église vers la fin du m* siècle. Elle a exactement les mêmes dimensions que la deuxième. Le pape saint Eusèbe y fut enterré. La donatrice
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fut probablement Anatolia, fille de Fulvius Petronius 7Emilianus, nommé consul en 249, et peut-être mort chrétien, ^milianus avait des propriétés dans le voisinage de Varea *. Dans Varea elle-même, on a trouvé des épitaphes de personnes appartenant à sa famille ou à sa dépendance, une Petronia clarissima femina, un yîlmilius Partenius, un i^milianus, une yEmil... Enfin les martyrs Calocerus et Partenius, tuteurs d' Anatolia, furent enterrés dans une crypte de cette même area, ornée d'une fresque qui représente deux martyrs ou confesseurs debout devant le tribunal d'un juge païen, allusion probable à leur histoire. Ce sont là autant d'indices qui paraissent dénoter la véritable origine de Varea. Parmi les caractères qui la distinguent, celui-ci mérite d'être noté : on y reconnaît un grand nombre de représentations déguisées de la croix, parmi lesquelles n'apparaît presque jamais le monogramme contemporain de Constantin. Ceci correspond exactement à la date que nous attribuons à la troisième area^ date clairement établie par les inscriptions et les épitaphes qu'elle renferme, toutes comprises entre la fin du iii^ siècle et les premières années du iv^. On rencontre au second étage trois chambres com-
I. On a trouvé, près du cimetière de Calliste, un tuyau de plomb, servant probablement à conduire l'eau dans un fond voisin, peut-être la propriété même dans laquelle fut délimitée Varea^ et portant le nom de Fulvius Petronius /ïmilianus. Ces conduits d'eau portent d'ordinaire le nom du propriétaire du fonds. C'est ainsi qu'on 'a découvert dans les fondements du palais de Latran un tuyau de plomb avec l'inscription Sexti Lateraniy c'est-à-dire Sextus Lateranus, consul l'an 94, et premier propriétaire de ce palais. La célèbre villa des Quintilii, sur la voie Appienne, a été découverte en 1838, grâce à de nombreux tuyaux de plomb trouvés sur l'emplacement, et portant l'inscription Quintiliorum Condlani et Maximi. La maison de Livie, découverte récemment sur le Palatin, et dont tout le monde connaît les admirables peintures, a pu être désignée avec certitude à cause d'un tuyau de plomb trouvé dans un couloir souterrain, sur lequel on lit, de distance en distance, l'inscription suivante, imprimée en relief : JuUcb Aug. On sait qu'après la mort d'Auguste Livie prit le nom de Julia (Revue archéologique^ mai 1X70).
muniquant entre elles, et recevant Tair et le jour par un même luminaire. Ces chambres, qui se rapprochent, par leur disposition, de la célèbre basilique souterraine découverte par le P. Marchi dans le cimetière de Sainte- Agnès*, servirent évidemment, comme elle, de lieux de réunion. On n'y voit, il est vrai, ni les bancs des prêtres, ni la chaire taillée dans le roc ; il est probable qu'on se servait, dans le cimetière de Calliste, d'une chaire portative, soit en marbre, soit en quelque bois précieux.
A la fin du iii^ siècle appartient aussi le cimetière adjacent de Sainte-Soteris, composé de quatre vastes arece (VII, VIII, IX, X) traversées au milieu par la voie Appio-Ardéatine. Sainte Soteris, vierge et martyre, à la famille de laquelle appartenait saint Ambroise, fut enterrée dans son propre cimetière, in cœmeterio suo, en 304. Nous avons vu dans les Itinéraires la mention d'une église élevée en son honneur dans le voisinage de Saint-Calliste. La troisième area de Saint-Calliste et la première de Sainte-Soteris se touchent Tune l'autre, et furent réunies par le prolongement de leurs galeries sous la route qui allait de la voie Appienne aux catacombes de Saint-Sébastien ^
Un autre cimetière voisin fut également réuni à celui de Saint-Calliste, le cimetière de Sainte-Balbine, placé par quelques Itinéraires sur la voie Appienne, par d'autres sur la voie Ardéatine, et qui occupait en réalité un espace compris entre ces deux voies. Bosio et Boldetti fixaient par erreur son emplacement là où fut depuis découvert le cimetière de Calliste. M. de Rossi, suivant ses guides ordinaires, était arrivé à désigner sa place véritable ^, mais il