IN DEO CHRISTO, VIVAS IN ^TERNO, ZHC EN 0EO, BIBAC
IN 0EQ, TE IN PACE% etc. Rien de plus naturel, de plus humain que ce sentiment qui pousse à écrire sur de saintes murailles, en des lieux vénérés, les noms, un souvenir de ceux que l'on aime. Les païens n'étaient pas étrangers à cette pieuse coutume. Sérapion, fils d'Aristomaque, visitant
I. A l'exception de l'acclamation in PAGE, dont l'usage se prolongea plus longtemps, ces formules ne se trouvent sur aucune inscription funéraire romaine postérieure à Constantin. Sur les anneaux ou les ustensiles domestiques on les voit jusqu'à la fin du IV* siècle.
un des temples de File de Philœ, en Egypte, écrit sur la muraille que, « arrivé à la statue de la grande Isis, déesse de Phils, il y veut laisser un souvenir de ses parents, pour leur bien^ » Les anciens voyageurs chrétiens approchaiit, non de sanctuaires fabuleux, mais des tombes de martyrs dont le sang était à peine séché, dont l'histoire était encore dans toutes les bouches, écrivaient avec plus de confiance encore, sous leur ombre protectrice, les noms de frères, d'amis et de parents, « pour leur bien. » C'est ainsi que les pèlerins du m® et du iv^ siècle ont couvert d'inscriptions certaines murailles du cimetière de Calliste, de même qu'un pèlerin du vi'' % visitant Cana en Galilée, traçait les noms de ses parents dans le lieu même où le Seigneur avait été couché, « in ipso accubitu. »
Nous pouvons, à quinze siècles de distance, suivre en quelque sorte à la trace, dans les galeries et les chambres du cimetière de Calliste, ou, comme on disait alors, de « la crypte de sainte Cécile et de saint Sixte, » un de ces pieux visiteurs. Il était venu là, le cœur plein du souvenir aimé d'une certaine Sophronie, — sa femme, ou sa sœur, ou sa mère. Avant d'entrer dans le vestibule du principal sanctuaire (III, B e 4), il écrit : Sofronia, vibas... cum tuis, «Sophronie, puisses-tu vivre avec les tiens! » Un peu plus loin, sur la porte d'une autre chapelle (III, B e 7), il réitère le même souhait, mais en lui donnant une forme plus religieuse : Sofronia (vivas) in Domino^ « Sophronie, puisses-tu vivre dans le Seigneur ! » Plus loin encore, près de Varcosolium d'une autre chapelle (V, C/2), la dernière que visitaient en ce temps-là les pèlerins, il trace en caractères plus larges, plus réguliers, en grandes lettres monumentales, cette tendre affirmation : Sofronia dulcis, semper vives Deo, a ma douce Sophronie, tu vivras toujours en Dieu ; » et, immédiatement au-dessous, il répète encore, comme ne pouvant se détacher de cette pensée : Sofronia ^ vives,