‹ Rome souterraineChapitre 107 sur 338 · Sur ce pèlerin, voir Bullettino di arch, cr · texte numérisé non relu

Sur ce pèlerin, voir Bullettino di arch, cr

crlst.j 1865, p. 82,

« oui, Sophronie, tu vivras. » Touchante histoire, retrouvée sur ces murailles, des sentiments qui se sont succédé dans l'âme de ce pèlerin pendant qu'il visitait l'un après l'autre les tombeaux des martyrs : d'abord le désir, l'amour, un souvenir fidèle, une tendre espérance, et bientôt, sous la pieuse impression des lieux saints, cette espérance se changeant en une douce confiance, se transformant en une certitude, s'afîîrmant en un cri de triomphe de l'amour illuminé par la foi.

De chaque côté de la porte de la principale chapelle on lit, mêlées aux noms des pèlerins et aux acclamations, de courtes prières adressées aux saints et aux martyrs. Quelquefois un pèlerin invoque tous les martyrs ensemble, et leur demande de se souvenir d'un frère, d'un ami. D'autres fois cette prière est adressée à un martyr en particulier, souvent à saint Sixte, un des saints enterrés dans la chapelle, et celui dont l'histoire s'y lisait gravée sur le marbre. Voici quelques-unes de ces invocations : Marcianum Successum Severum Spirita ^ Sanctà in mente havete^ et omnes fratres nostros. Petite Spirita Sancta ut Verecundus cum suis bene naviget ^ Otia petite et pro parente et profratribus ejus; vibant cum bono. Sancte Suste in mente habeas in orationes oAureliu Repentinu, AIONÏ21N £12 MNIAN EXETAI (pour EXETE) : « Saintes âmes, souvenez-vous de Marcianus Successus Severus et de tous nos frères. Saintes âmes, demandez que Verecundus et ses amis aient une heureuse navigation. Demandez le repos pour mon père et ses frères ; puissent-ils vivre heureusement (ou peut-être, littéralement, « vivre avec celui qui est bon »). Saint Sixte,

1. Dans les épitaphes du nr siècle, le neutre spiritum au lieu de spiritus est souvent employé pour désigner l'âme. — Inscript. christ. ^ I. Prokgom.j p. cxii ; Roma sotterranea^ t. II, p. 311. — Cf. ces deux inscriptions du même cimetière : vale michi kara in page cum spirita XANTA — VICTORIA, SPIRITA VESTRA DEVS REFRIGERET, ZOTICE DVLCIS. — Bullett. dl archeologia crist., 1873, p. 55, ^6.

2. Optet sibi ut bene naviget est un des graffites de Pompéi publiés par le P. Garrucci. — Graffiti de Pompeij 2« édit., p. 81.

rappelez-vous dans vos prières Aurelius Repentinus. Souvenez-vous de Dionysius. «

Ces courtes prières, simples et chaleureuses, portent avec elles comme un parfum des premiers âges. Rien ne ressemble moins aux épitaphes à la fois sèches et verbeuses du iv^ et du v^ siècle. Une de ces acclamations fait penser au vers d'Horace : Otium Divos rogat in patenti prensus yEgeo^. L'expression in mente habere a la même saveur d'antiquité. On la rencontre dans un graffite de Pompéi, sur deux épitaphes chrétiennes du iii^ et du iv^ siècle^, et saint Cyprien l'emploie dans une de ses lettres. « Souvenezvous, dit-il, de nos frères et sœurs dans vos prières, » fratres nostros ac sorores in mente habeatis in orationibus vestris^. Les pèlerins de Saint-Calliste adressaient aux saints du ciel la même prière que saint Cyprien à ceux de la terre, et peut-être à la même époque, ou peu de temps après. Une circonstance, en effet, iixe la date approximative de ces graffites : l'un d'eux, probablement le plus ancien de tous, puisqu'il fut tracé sur le plâtre encore frais, fait allusion à la translation des reliques du pape Pontien, qui eut lieu par les soins de Fabien vers 245 : EN 0Ea META, n ANTON (£TC'.(7>cotcwv) nONTlANE ZHCHC. Les plus anciens de ces graffites se placent donc entre 245 et 370, année où saint Damase fit à la porte de la chapelle des travaux considérables, qui mutilèrent, effacèrent, coupèrent par moitié plusieurs des phrases que les premiers pèlerins avaient écrites.

On lit à gauche de la porte une inscription d'un genre un peu différent, assez difficile à déchiffrer : c'est une acclamation, un salut, une invocation, non plus à un saint, mais à la chapelle elle-même, écrite par un pèlerin avant

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