‹ Rome souterraineChapitre 108 sur 338 · Ep · texte numérisé non relu

Ep

d'en franchir le seuil : Gerusale cîvitas et ornamentmn martyrum Domini. cujiis... : la phrase n'a pas été achevée. Ce qui en reste suffit à faire entendre de quel enthousiasme se remplissait le cœur des pèlerins dès qu'ils approchaient de ce sanctuaire. L'idée exprimée ici est évidemment celle qui se rencontre fréquemment dans les livres saints et dans la littérature ecclésiastique ^ : l'Église triomphante comparée à la cité sainte, et célébrée comme une nouvelle Jérusalem. Le sanctuaire dont le pèlerin touchait le seuil, et devant lequel il s'arrêtait pour écrire d'une main frémissante une invocation que peut-être sa pieuse ardeur ne lui permit pas d'achever, était pour lui cette nouvelle Jérusalem , parée des reliques des martyrs et renfermant dans ses murailles les semences de la vie future.

La lecture de tous ces graffites, noms, acclamations, prières , suffirait seule à nous avertir que nous sommes devant un des plus célèbres sanctuaires de l'Eglise primitive. En franchissant la porte des deux côtés de laquelle ils sont tracés, on se trouve, en effet, dans la chapelle consacrée à la sépulture des papes du iii^ siècle. La première impression du visiteur moderne sera sans doute différente de celle que ressentaient les anciens pèlerins : il s'arrêtera un instant désappointé. Il croyait entrer dans une crypte du III® ou du IV® siècle, et il se trouve dans une chambre dont presque toute la maçonnerie est moderne. Cette chambre est large de 3™, 50 et longue de 4'", 50. Quand elle fut découverte en 1854, elle était complètement ruinée. On y pénétrait par le luminaire, qui avait servi à jeter dans la crypte abandonnée des pierres tombales ^, des briques, des débris de toute sorte. Elle en était remplie jusqu'au faîte. Quand on l'eut vidée, la voûte, longtemps soutenue par cet amas de décombres, s'écroula d'elle-même faute de support. Pour

1. Psalm. cxxi ; Apoc.^ xxi, 2 ; Tertullian., Z?^ spectac.^ 30. Le même auteur parle du monde comme expressus in ornamentum majestatis Dei. — À polo g., l'J,

Page 1