‹ Rome souterraineChapitre 11 sur 338 · I. Voir à l'Appendice, note A · texte numérisé non relu

I. Voir à l'Appendice, note A

construit de spacieux escaliers pour conduire directement les pèlerins à Tobjet de leurs pieuses recherches; ils avaient ouvert de nombreux luminaires pour faire descendre dans les sanctuaires souterrains Tair et le jour; ils avaient élargi les galeries, ajouté des vestibules aux chapelles, élevé de petites basiliques au-dessus du sol, et, pour les soutenir, fait dans les cryptes elles-mêmes de grands travaux de maçonnerie. Quand les catacombes eurent cessé d'être en usage, ces constructions tombèrent en ruine, furent pillées et détruites; après sept ou huit cents ans d'abandon et d'oubli, les sanctuaires historiques, les chapelles où avaient été enterrés les martyrs, plus maltraités que les autres parties des catacombes, n'étaient plus que des amas de décombres. Toutes les fois que le P. Marchi, dans ses explorations souterraines, avait rencontré ces ruines informes, il s'en était détourné ; son but était de retrouver et d'étudier les galeries intactes, avec leurs tombeaux creusés dans le tuf primitif, de surprendre dans ses premières manifestations, dans ses formes originaires l'architecture des catacombes ; la présence de débris de constructions, en lui révélant des travaux d'une époque postérieure, l'engageait à porter ses recherches vers des régions sépulcrales moins altérées. M. de Rossi reconnut au contraire que, partout où des ruines annoncent, dans une crypte ou au-dessus d'elle, l'existence d'anciennes constructions, il y a de grandes chances de se trouver dans le voisinage d'une chambre historique et du tombeau d'un martyr, c'est-à-dire de la clef même de l'histoire d'une catacombe, du lieu qui permet de reconnaître avec certitude et son nom, et son passé, et les souvenirs qu'elle renferme. Il s'attacha donc à étudier tous les débris de brique et de mortier, toutes les ruines des cimetières souterrains ; et les découvertes qu'il lit à l'aide de ces indices, jusqu'à lui négligés, ont démontré la justesse et la fécondité de ses prévisions.

L'importance des résultats obtenus exige que nous exposions le nombre et la nature des documents sur lesquels M. de Rossi s'est appuyé dans le cours de ses recherches. La

critique à la fois dédaigneuse et timide du siècle dernier les eût impitoyablement rejetés; elle n'eût voulu attacher aucune importance à des autorités historiques telles que les anciens calendriers et les anciens martyrologes, les actes des martyrs, les vies des papes, les Itinéraires des pieux pèlerins des vii% viii® et ix^ siècles. Il faut assurément une grande patience, beaucoup de finesse et de sagacité pour séparer dans ces documents le vrai du faux, et redresser les confusions qui s'y rencontrent. Mais les renseignements que la science en a tirés sont si précieux et si abondants, qu'une étude de Rome souterraine serait incomplète si elle les passait sous silence.

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