Euseb., Hist. Eccl.j II
corps de leurs évêques, comme autant d'anneaux d'une chaîne qui ne devait être ni interrompue ni brisée, lès églises primitives ne reculaient devant aucun sacrifice pour ramener dans leurs murs, toutes les fois que cela était possible, les restes de leurs pasteurs morts en exil. C'est ainsi que les corps des papes Eusèbe, Corneille et Pontien furent rapportés à Rome, celui de saint Ignace rendu à Antioche, celui de saint Denys, évêque de Milan, ramené dans cette ville par saint Ambroise, celui de saint Félix, évêque de Tiburtium, rapporté de Venosa, où il avait souffert le martyre, en Afrique, où était son siège épiscopal. Peut-être même cette ancienne coutume, établie depuis l'origine de l'Église, donna-t-elle aux chrétiens d'Orient la pensée d'entreprendre la singulière expédition qui mit un instant entre leurs mains les reliques de saint Pierre et de saint Paul.
Quelque importance qu'on y attachât, cependant, les persécutions, la distance, la pauvreté des églises durent empêcher souvent de rapporter dans leurs villes épiscopales les évêques morts loin d'elles. Rome dut être témoin de nombreuses dérogations à la règle établie, car, dès les temps les plus reculés, les évêques de toutes les parties du monde affluaient dans la ville éternelle [propter potiorem principalitatenij dit saint Irénée), et nous avons la preuve que, même au plus fort des persécutions, ce concours des évêques était plus nombreux et plus fréquent qu'on ne serait tenté de le croire. Saint Cyprien nous apprend qu'en 251, seize évêques étaient présents à l'élection du pape Corneille : deux étaient Africains, deux autres arrivèrent d'Égjpte peu de temps après ^ Le même saint Corneille put rassembler à Rome soixante évêques en concile pour examiner la discipline à suivre dans la réconciliation des apostats ^ Sur un aussi grand nombre d'évêques étrangers, il est possible que quelques-uns soient morts pendant leur séjour à Rome, et si leurs églises ne purent faire revenir leurs corps, TÉglise de