JACENTEM VIDI, EAMDEM TIBI PRORSVS
EODEM CORPORIS SITV HOC MARMORE EXPRESSI.
« Contemplez l'image de la très-sainte vierge Cécile, que j'ai vue moi-même couchée intacte dans sa tombe. J'ai exprimé pour vous, dans ce marbre, la pose qu'avait son corps. »
Vers la même époque on publia une gravure représentant sainte Cécile dans son cercueil, avec cette légende : Hoc habitii inventa est. On en peut voir encore pjusieurs exemplaires en diverses bibliothèques publiques, deux notamment dans la bibliothèque de Carpentras, parmi les manuscrits de Peiresc, contemporain de la découverte *.
T. Un des membres de la commission d'archéologie sacrée, le P. François Tongiorgi, a trouvé dans la célèbre collection du collège romain connue sous le nom de musée Kircher une plaque d'albâtre sur laquelle est peinte sainte Cécile dans la pose que lui donna le ciseau de
Quoique cela n'ait trait qu'indirectement à notre sujet, nous ne pouvons nous empêcher de signaler une autre confirmation de la légende de sainte Cécile. Dans le deuxième sarcophage trouvé par Sfondrati sous le maître-autel, et qui, d'après la tradition , devait renfermer les restes de saint Tiburtius, saint Valérien et saint Maxime, transportés du cimetière de Prétextât dans l'église du Transtevère, on découvrit en effet les corps de trois personnes, deux desquelles, paraissant de même âge et de même taille, avaient été décapitées, tandis que le crâne de la troisième, rompu et brisé, et sa longue chevelure tout imprégnée de sang, paraissaient indiquer un martyr mis à mort à coups de ces plumbatce, ou lanières garnies de plomb, que décrit Prudence, et dont on a retrouvé de nos jours un spécimen dans le cimetière de Calliste^ Or les actes de sainte Cécile rapportent que tel fut le supplice de l'officier Maxime, converti, on s'en souvient, par l'exemple des martyrs Valérien et Tiburtius. On peut donc affirmer que, des deux sarcophages trouvés dans l'église de Sainte-Cécile à la fin du xvi® siècle, l'un renfermait les restes de la martyre elle-même, et l'autre ceux des trois martyrs dont l'histoire est liée à la sienne : son époux, son beau-frère et le compagnon de supplice de l'un et de l'autre.
Après ces longs préliminaires, rentrons dans notre crypte. Nous sommes maintenant en état de confronter la merveilleuse histoire de sainte Cécile avec les monuments encore existants du cimetière de Calliste. On a vu que, d'après les actes, saint Urbain enterra la vierge martyre dans le voisinage des papes, inter collegas suos episcopos. Les deux
Maderno. Cette peinture semble contemporaine de la découverte des reliques. La robe de la martyre est ornée de bandes vertes qui, probablement, ne sont pas un pur caprice de l'artiste.
I. On a trouvé dans un tombeau d'une chapelle voisine (B e 7) des chaînes terminées par des balles de plomb, qui furent peut-être des pliimhatay instruments de supplice achetés à prix d'or par les fidèles pour être enterrés dans la tombe d'un martyr. Une de ces chaînes est conservée au musée chrétien du Vatican.
Itinéraires cités au commencement de ce IIP livre mentionnent son tombeau immédiatement avant ou immédiatement après celui des papes. Pascal I" raconte qu'il trouva son corps tout près du lieu d'où il avait enlevé les corps de ses prédécesseurs, sicut in sacratissima illius passione manifeste narratury înter collegas episcopos. Ces notions topographiques sont-elles vraies ou fausses? telle est la question
Fig. 13. — Chapelle de sainte Cécile.
qui dut se présenter à la pensée de M. de Rossi quand, auprès de la chapelle des papes, il découvrit une autre chambre contiguè* ; on se figure aisément quel fut son désir d'y pénétrer. Malheureusement cela n'était pas facile. La chapelle était remplie de terre jusqu'au haut du luminaire, et c'est par ce luminaire qu'elle dut être d'abord dégagée. A mesure que ce travail s'avançait, quelques peintures commencèrent à apparaître. Ce fut d'abord, sur la paroi même du luminaire, une figure de femme dans l'attitude de la prière, mais tellement effacée et tellement décolorée qu'il
était difficile d'en retrouver les traits distincts. Au-dessous de cette figure on découvrit ensuite une autre fresque représentant une croix latine entre deux brebis. Le temps avait également décoloré cette peinture. Enfin, tout au bas de la paroi du luminaire, les fouilles, en creusant plus profondément, mirent au jour les figures de trois saints, peintes probablement au iv^ ou v^ siècle, et dont les noms, écrits audessus, n'indiquaient aucune relation à l'histoire de sainte Cécile. Le premier s'appelait Policamus : c'était un martyr, ainsi que l'indique la palme qui sort de terre à côté de lui ; le second portait le nom de vSébastien, et le troisième, Curinus, était sans doute un évêque, car il avait la tête tonsurée en couronne, comme on voit sur les portraits d'évêques de cette époque : c'était au moins un clerc, et il ne peut être confondu avec le tribun Quirinus, enterré dans le cimetière de Prétextât. M. de Rossi ne s'attendait nullement à trouver ces trois saints près de la tombe de sainte Cécile. Avant d'expliquer la raison de cette coïncidence inattendue, continuons de suivre le dégagement de la chambre.
En descendant plus près du sol, on découvrit sur le mur, près de la porte qui mène à la chapelle papale, une peinture que l'on peut attribuer au vii^ siècle, représentant une jeune femme richement vêtue, portant des perles dans les cheveux et aux oreilles, des colliers et des bracelets d'or et de perles; sur sa robe blanche est passée une tunique rose semée de fleurs d'or et d'argent. Ainsi devait être parée, au vii^ siècle, une fiancée riche et de haute naissance. Elle a les mains étendues, et sa tête est entourée d'un nimbe d'or. De grandes fleurs roses sortent de terre autour d'elle. Il n'est pas douteux que le peintre ait voulu, sous ces traits qui, malgré la barbarie du pinceau, ont conservé une sorte de grâce juvénile, représenter la sainte célèbre enterrée dans cette chapelle. Au-dessous de l'image de sainte Cécile on voit une niche légèrement creusée, comme on en trouve en quelques parties des catacombes, destinée probablement à recevoir les vases d'huile et de parfums qui servaient dans l'antiquité chrétienne à l'entretien des lampes allu-
mées devant les tombeaux des martyrs. Au fond de la niche est peinte, en style byzantin, une grande figure de Notre- Seigneur, entourée de rayons formant une croix grecque. A côté de cette figure, tout contre la niche, on voit, dans une sorte de cadre noir, le portrait en pied d'un évêque revêtu de ses habits pontificaux : près de lui est écrit son nom, S. VRBANVS.
En examinant de près ces peintures on reconnaît qu'elles ne furent pas les premières décorations de la chapelle. La figure de sainte Cécile est peinte sur une mosaïque plus ancienne dont on aperçoit encore, tout en bas du tableau, une double rangée de cubes blancs, bleus et verdâtres. La niche dans laquelle est représentée l'image de Notre-Seigneur porte la trace visible d'un revêtement de porphyre. Cette figure et celle de saint Urbain ne peuvent guère remonter plus haut que le x® ou le xi^ siècle. Quand on trouve, en quelque partie des catacombes, les vestiges de plusieurs décorations successives et la trace de travaux exécutés après le iv^ ou le v® siècle, on peut dire avec assurance qu'on est en présence d'un sanctuaire historique. Si l'on ajoute qu'à la gauche des peintures que nous avons décrites le mur est profondément entaillé de manière à recevoir un sarcophage, et que, entre cette cavité et le fond de la niche située à gauche de l'autel dans la chapelle papale, il reste à peine un pouce de tuf, il faut bien laisser tomber tout scepticisme, confesser que les anciennes traditions reçoivent une confirmation éclatante, que le récit du pape Pascal se vérifie de tout point, et que l'on a enfin découvert de manière à n'en pouvoir plus douter le tombeau d'une des plus anciennes et des plus célèbres martyres de Rome.
On demandera cependant si cette chambre peut bien être celle de sainte Cécile. Un point, à vrai dire, un seul, peut encore demeurer obscur. Comment, en effet, le pape Pascal eut-il tant de peine à découvrir le tombeau de notre sainte, quand, entre sa chambre et celle des papes, il existe une communication si visible et si facile? Pour répondre à cette difficulté, il faut rappeler quelle était au temps de Pascal
la condition des catacombes romaines. L'état de ruine ou elles étaient tombées le contraignait à en retirer les reliques. De plus, elles étaient exposées aux incursions des barbares. Il est possible qu'à Tépoque où Pascal fit ses recherches, soit la cavité dans laquelle était déposé le sarcophage, soit la porte même qui mettait en communication les deux chambres, ait été bouchée aiin de dépister les investigations sacrilèges des Lombards. Ce n'est pas là une simple conjecture. Parmi les débris qui remplissaient la crypte, M. de Rossi a trouvé, devant la niche qui contint jadis le sarcophage de la sainte, quelques restes d'un mur trop peu épais pour avoir pu servir de support, et qui évidemment fut construit pour boucher ou dissimuler la cavité du sépulcre. A l'inspection des grafiîtes qui en recouvrent le stuc grossier, il reconnaît, avec son habituelle sincérité, que ce mur dut être construit pour un motif de décoration plutôt que de prudence, et appartient sans doute à une date postérieure au temps de Pascal. Mais un autre mur peut avoir été construit à la même place, à une époque plus reculée, et avoir dissimulé aux yeux de ce pape le pieux trésor qu'il cherchait. M. de Rossi, à l'appui de cette hypothèse, cite un arcosolium du cimetière de Prétextât qui, sans doute par peur des barbares, avait été ainsi caché, au vii^ ou viii^ siècle, par l'érection d'un mur : ce mur détruit, M. de Rossi et le P. Marchi virent apparaître un tombeau tout revêtu de marbre à l'intérieur, et dont la mensa pouvait se lever à l'aide de grands anneaux de bronze : deux corps y étaient renfermés, vêtus l'un de toiles d'or et l'autre d'étoffes de pourpre, sans doute deux martyrs inconnus dont une grossière construction avait caché et préservé les restes ^.
Quand même nous ignorerions encore la solution véritable de la difficulté qui vient d'être indiquée, cette unique obscurité, ce seul anneau manquant dans la chaîne des
I. Roma sotterranea^ t. I, p. 169. — Bulhtt. dl archeologia cristiana, 1872, p. 66, 67. — Cet arcosolium est celui du cuhiculum orné de peintures du n" siècle dont nous parlons p. 116.
preuves ne pourrait détruire Tévidence résultant du témoignage personnel de Pascal P*" et des innombrables confirmations qui lui sont données par tant de sources anciennes et modernes. Une des plus importantes est celle qui dérive des nombreuses épitaphes de membres de la famille des Caecilii, et d'autres familles alliées à celle-ci, découvertes dans cette région et dans les régions environnantes du cimetière de Calliste. M. de Rossi compte douze ou treize inscriptions funéraires de Cascilii et de Csciliani, tous de race sénatoriale, trouvées dans les deux premières areœ et dans la crypte de Lucine, et comprises entre le 11^ et le v^ siècle. En rapprochant ce fait de ceux que nous connaissons déjà, et en particulier de la découverte, au-dessus même du cimetière de Calliste, de magnifiques colombaires appartenant à la gens C^cilia, on acquiert la certitude que la première area de ce cimetière, et sans doute aussi la seconde, fut, avant d'avoir été donnée par eux à l'Église, la propriété des Cascilii Maximi Fausti, et que sainte Cécile, à laquelle les actes donnent ces titres de nobilis et de clarissima^ portés dans les inscriptions funéraires par plusieurs femmes de cette noble famille, en était membre^ elle aussi, et fut déposée avec honneur dans l'hypogée possédé par les siens sur la voie Appienne.
M. de Rossi croit voir sur les murailles mêmes de la chapelle un souvenir du jour où le pape Pascal P'^ opéra la translation des reliques de notre sainte. En examinant de près rimage de sainte Cécile, on reconnaît que, dans sa partie inférieure, elle est couverte de graffites qui peuvent se diviser en deux catégories. Les uns sont irréguliers, écrits pêle-mêle par des mains et à des époques différentes, noms de pèlerins romains ou étrangers. Ainsi, on lit à gauche, au milieu des herbes ou des moissons que semblent fouler les pieds de la sainte, le nom d'un Hildebrand, à droite, celui d'un Etelred ep{iscopus)^ en bas, dans la bordure du cadre, un Lupo : le mot Spani [Hispani) se rencontre deux fois. L'autre classe de graffites est toute différente : ce sont des noms de prêtres écrits sur quatre lignes avec une grande
régularité : + Benedictus prb, + Sergius prb^, + Crescentius indignus prbtj 4- Stefanus prb, P... prb, QMa(rcus prb ?), + Bonifacius prb, + Léo prsb, Joannes prb vester, Mercurius..., ... ndo scriniarius. Georgius prb, A la suite du nom de Léo est écrit en lettres plus petites : cAdeodata mater ejus. Voilà donc une série de visiteurs, tous prêtres, tous Romains, qui sont venus dans la chapelle de Sainte- Cécile accompagnés d'un notaire ou scriniarius, comme s'ils étaient chargés d'accomplir une cérémonie importante dont il doit rester procès-verbal : l'un d'eux est le prêtre du titre de Sainte-Cécile, Joannes presbyter vester : une seule personne étrangère a été admise par faveur en leur compagnie, la matrone Adeodata, mère du prêtre Léon. Les noms de ces visiteurs sont inscrits au bas de l'image de la sainte en lignes régulières, et ressemblent plutôt, par leur arrangement, à une inscription officielle qu'à un graffite : on dirait qu'ils ont été tracés sur le mur en commémoration de quelque acte solennel et pieux. Par une coïncidence singulière, quelques-uns de ces noms : Léo prb, Sergius prb, Benedictus prbj Stefanus prb, Joannes prb, se lisent sur l'image de saint Corneille, dans la chapelle où est la tombe de ce pape, dont les reliques furent transportées à Rome quarante ans avant celles de sainte Cécile. Plusieurs d'entre eux se retrouvent sur une fresque découverte à Saint-Clément, faite aux dépens du prêtre Léon sous le pontificat de Léon IV, vers la moitié du IX® siècle^. Un Benedictus, quatre Léon, deux Georgius font partie d'un synode tenu à Rome en 826. Parmi ces noms, il en est de fort communs, comme Léo, Benedictus ou Joannes ; on peut les trouver plusieurs fois répétés sur des actes
1. De ces deux premiers noms, il ne reste plus que deux lettres dil second, SE... M. de Rossi raconte que, pendant que la crypte était encore pleine de matériaux et de ruines, il introduisit, non sans péril, sa tête entre deux monceaux de décombres et lut, à gauche de la fresque, à l'extrémité inférieure du cadre, les noms Benedictus et Sergius, qui bientôt tombèrent en poudre avec le stuc qui les portait.
2. Roma sotterranea, t. II, p. 130. — Cf. Bullett. di arch. m5f.^i863, p. 14; Revue archéologique^ novembre 1872, p. 295.
contemporains sans avoir le droit pour cela de les attribuer aux mêmes personnes. D'autres sont plus rares, Georgius, Mercurius, et quand on les trouve signés, au milieu d'un groupe de prêtres, au bas de deux images de saints, quand on remarque, dans les graffites de Saint-Clément comme dans ceux de Sainte-Cécile, les deux noms tracés avec les mêmes singularités d'écriture, on a le droit de conjecturer qu'ils furent portés par deux mêmes personnes, et que leurs possesseurs étaient des membres du haut clergé romain, ayant assisté le pape dans deux actes solennels, en certifiant, comme témoins, la translation par lui faite des reliques d'un saint, et en signant avec lui les décrets d'un concile. Telle est en effet la conjecture de M. de Rossi : les prêtres dont les noms se trouvent écrits sur quatre lignes au pied de l'image de sainte Cécile, au-dessus même de son tombeau, furent certainement des contemporains de Pascal I", puisque les noms de quelques-uns d'entre eux se trouvent sur des monuments et des documents contemporains de ce pape, et probablement ils assistèrent, comme témoins, à la translation solennelle des reliques de sainte Cécile, quelques-uns peut-être, quarante ans plus tôt, à celle des reliques de saint Corneille : leurs noms inscrits dans l'une et l'autre chapelle seraient des souvenirs officiels de cette translation, la signature en quelque sorte de témoins instrumentaires, signature qui, après avoir été gravée sur la muraille, fut sans doute apposée au bas du procès-verbal de l'ouverture du tombeau et de l'enlèvement des reliques, tracé par le scrinîarius, ou notaire de l'Église romaine, qu'ils avaient amené avec eux. On retrouverait ainsi, sur la muraille de la chapelle de Sainte-Cécile, et peut-être sur celle de la crypte de saint Corneille, un souvenir matériel de la translation de leurs corps. La fresque représentant saint Urbain, à côté de la niche où est la grande figure byzantine du Sauveur, ne présente aucune trace de graffites de la même époque ; elle est sans doute bien postérieure, car les croix qui ornent le pallium dont le saint est revêtu ne paraissent pas avoir été en usage avant le x« ou xi^ siècle : il est probable qu'elle fut
peinte après la translation des reliques de sainte Cécile, en Fhonneur, non des reliques, mais du tombeau qui les avait contenues : DECORI SEPULCRI S. C^CILI^ MAR- TYR IS, dit une inscription maintenant presque effacée % écrite sur la muraille à côté de la fresque.
Il nous reste à reprendre en quelq,ues mots l'histoire de sainte Cécile. Les actes d'où elle est tirée ne sont pas exempts d'erreur, nous l'avons reconnu : le lecteur aura remarqué néanmoins que leurs données principales sont toutes confirmées par les découvertes du cimetière de Calliste. Les erreurs qu'ils renferment ont trait principalement à la chronologie. D'après le récit des actes, au moment où sainte Cécile fut mise à mort, une persécution terrible sévissait contre l'Eglise, et les persécuteurs poussaient la férocité jusqu'à refuser la permission d'enterrer les martyrs. Le monde romain était gouverné par deux empereurs : Domini nostri invictissimi principes, imperatores, tel est constamment le langage des actes. Le martyre de sainte Cécile fut consommé, d'après leur récit, sous le pontificat d'Urbain, quem papam suum christiani nominant. Ici naît une difficulté chronologique. Si le martyre de sainte Cécile eut lieu du temps du pape Urbain, il eut lieu sous le règne d'Alexandre-Sévère. Or la douceur d'Alexandre-Sévère, sa tolérance à l'égard des chrétiens, sont bien connues ; quand même il y aurait eu sous son règne, à son insu, quelques actes de persécution isolés, on ne saurait comprendre sous ce clément empereur la persécution générale, emportée, féroce, acharnée jusque sur la dépouille des martyrs, que dépeint l'auteur des actes. Et enfin, sous Alexandre-Sévère, qui régna seul, la perpétuelle allusion à la pluralité des empereurs est tout à fait inintelligible. Le martyrologe d'Adon 2, corrigeant ces diverses contradictions par une autre, dit que sainte Cécile souffrit sous le règne des empe-
1. M. de Rossi en a pu lire quelques lettres qui maintenant ont disparu : on peut à peine déchiffrer aujourd'hui... O R I... G...