Ibid
mien. Les manuscrits les plus authentiques de ce martyrologe, font remarquer les Bollandisles^, ne mentionnent aucun martyr postérieur au règne de l'empereur Julien, aucun de ceux, par exemple, qui furent mis à mort en Afrique par les Vandales. On ne saurait voir là une preuve directe de l'antiquité de ce document : mais de sûrs indices permettent d'assigner une portion, on pourrait peut-être dire une édition du martyrologe hiéronymien aux premières années du iv^ siècle, une autre au commencement du v*^. Non-seulement son texte offre à un œil exercé cette « couleur d'antiquité » qu'y a reconnue Mansi; non-seulement le mélange de styles et d'époques s'y montre avec évidence, et permet de conclure, avec le même érudit, qu'il y a là moins un martyrologe composé tout d'une pièce qu' « un assemblage de martyrologes et de calendriers primitifs, plus ou moins bien cousus ensemble ; » mais encore des faits précis ont permis d'y reconnaître avec certitude la main d'un compilateur ou copiste contemporain du pape Miltiade (31 1-3 14) et d'un autre contemporain de saint Boniface I" (418-422). Le martyrologe hiéronymien fixe, en effet, au 2 juillet la fête Ordinationis Miltiadis, et au 2p décembre celle Bonifacii epi. de ordinatione, deux fêtes qui certainement ne furent célébrées que du vivant de ces papes. Nous ne pouvons exposer les répétitions, les contradictions et les erreurs qu'une critique pénétrante a relevées dans l'œuvre de ces différents copistes, et dont elle a souvent tiré un heureux parti pour serrer de plus près la vérité; même en l'absence de preuves directes, les imperfections de toute nature dont il abonde suffiraient à démontrer que, dans son état actuel, le martyrologe hiéronymien est l'œuvre de plusieurs époques et a certainement été composé avec les lambeaux d'écrits plus anciens. Il est inutile d'insister sur la valeur d'une compilation par laquelle ont été sauvés du naufrage des documents échappés à la persécution de Dioclétien.
Immédiatement après le martyrologe hiéronymien vient,