I. Planche V, n
représentations primitives du Bon Pasteur, est quelquefois attachée à son côté % jamais elle ne paraît dans sa main, comme dans les originaux antiques auxquels Raoul-Rochette fait allusion 2. Ce dernier détail ne commence guère à être représenté que vers le milieu du iii^ siècle % c'est-à-dire à une époque où il s'agissait non plus de créer, mais de varier le type du Pasteur. On devine le sens élevé de ces rustiques pipeaux prêtés par l'art chrétien au berger de la parabole. ff Je sais, dit un écrivain des premiers siècles, que les bergers habiles dans leur art usent rarement de la houlette, et conduisent leurs brebis arec la flûte. » Saint Grégoire de Nazianze appelle le bâton pastoral 'h 7rot|jLevt7] aupiy?. Cette flûte du pasteur ne convenait-elle pas à celui que saint Pierre nomme « le berger et Tévêque de nos âmes ^> » C'était une autre manière d'exprimer ce que Jésus a dit lui-même dans le doux langage de la parabole : « Les brebis suivent leur berger parce qu'elles connaissent le son de sa voix^. » On le voit, bien loin que la présence du syrînx dans la main du Bon Pasteur soit une anomalie, explicable seulement par une réminiscence ou une imitation païenne, elle découle naturellement du sujet lui-même; c'est un trait emprunté à la vie rustique et ajouté avec un discernement parfait à la touchante figure créée par l'Évangile : les peintres du iii^ siècle ne pouvaient varier plus heureusement un type déjà ancien dans l'art dés catacombes. Nous ne pousserons pas plus loin ces remarques, sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir. Il serait facile de réfuter ainsi par des raisons simples et décisives tous les arguments de détail dont M. Raoul-Rochette appuie sa théorie. Les peintres chrétiens ont, à l'origine