I. Roma svtterranea.^ t. If, p
SPIRITVS (TVVS) IN PAGE : si l'on yajoute le poisson, il semble qu'on lise un mot de plus dans la phrase
Fig. 20. — 11* ou m» siècle, Pierre tombale du cimetière de PrisclUe.
IN FACE ET IN CHRISTO. Sur quelques anneaux ou cachets on voit gravé le poisson portant sur son dos un agneau ou une colombe, emblème de l'âme chrétienne portée par
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Fig. 21. — m« ou ive siècle. Pierre sépulcrale trouvée dans un cimetière de la voie Latine.
le Christ à travers les flots et les tempêtes de ce monde. A côté du poisson on trouve quelquefois le nom de Jésus, le monogramme, ou la figure du Bon Pasteur ^ {fig. 21); ces
I. Sur le très-ancien sarcophage de Livia Primitiva, trouvé près du tombeau de saint Pierre, et transporté à Paris après l'acquisition par le gouvernement français de la collection Campana, le Bon Pasteur est représenté entre deux brebis ; un poisson est placé auprès de l'une, et une ancre à côté de l'autre. — Bullettlno di arch. crist., 1870, tav. v.
rapprochements parlent d'eux-mêmes, et n'ont pas besoin de commentaires ^
Une autre combinaison du symbole du poisson joue un rôle considérable dans l'histoire du symbolisme chrétien : c'est celle qui présente réunis le poisson et le pain. Le lecteur sera probablement tenté de rapprocher du miracle de la multiplication des pains et des poissons les représentations de cette espèce, et dans plusieurs d'entre elles certains traits de ce prodige sont en effet reconnaissables. Mais alors même que l'allusion n'est pas douteuse, l'artiste s'écarte toujours en quelque point de la vérité littérale du récit évangélique, comme s'il voulait manifester l'intention de ne pas s'arrêter à la lettre, de pénétrer jusqu'au sens caché, jusqu'à l'esprit du texte, d'idéaliser le fait historique et de rélever à la hauteur d'un symbole. S'il en était autrement, nous ne parlerions pas encore de ces peintures, et nous les renverrions au chapitre qui traite des sujets empruntés à l'Écriture sainte. Mais quelle histoire biblique peut expliquer des peintures comme celles-ci : un poisson nageant et portant sur son dos une corbeille pleine de pains; une table en forme de trépied sur laquelle sont posés plusieurs pains et un grand poisson ; une table semblable portant également un pain et un poisson, au-dessus desquels un homme étend la main comme pour bénir, tandis qu'une femme se tient debout dans l'attitude de la prière ^} Si de telles représentations ne sont pas de purs caprices de l'artiste, elles ont évidemment pour but de rendre sensible une doctrine.
1. On comprend de même, à première vue, le sens d'une célèbre pierre gravée du musée de Berlin, sur laquelle est représenté un trône dont le dossier, orné d'une guirlande de fleurs, porte écrit le mot IX0rc, sous la forme incorrecte IXY0. — Passeri, Gemma astriferœ, t. III, p. 22T et sq. ; KirchofF, Corp. inscr. grac, 9080; Martigny, Dict. des ant. chrh.y v" FoissoUj p. 546; de Rossi, Bullett. di arch. crist.^ 1872, p. 132, 133, et tav. IX, n" 3. — Peut-être ces quatre lettres sont-elles moins une copie fautive d'lX0ÏC que l'anagramme de I/iaoù; Xpiaxo; Xl'b^ 0£oO.