‹ Rome souterraineChapitre 168 sur 338 · Cor.j X, i · texte numérisé non relu

Cor.j X, i

2. Matth., XIV, 19; XV, 36; XXVI, 26, 27. Marc, vi, 41; x.v, 22. Luc, IX, 16; XXII, 19. Joann., vi, 11.

catacombe alexandrine, nous avons en quelque sorte le témoignage de Tart chrétien, donnant lui-même l'interprétation du symbolisme si souvent reproduit par lui, et plaçant sur la même page, dans la même peinture, la représentation des deux miracles à côté de celle de la communion, le sacrement figuré à côté du sacrement actuellement reçu. L'artiste semble avoir voulu commenter une parole de saint Maxime de Turin, désignant le miracle de la multiplication des pains et des poissons et celui de Cana comme « une sorte d'anticipation sacramentelle du calice du Nouveau Testament. »

Avant les récentes découvertes, le sens symbolique du pain et du poisson, représentant l'un les espèces eucharistiques, l'autre la divine réalité de TEucharistie, avait été deviné et proposé, comme une conjecture probable, par de savants et sagaces archéologues. Aujourd^'hui la conjecture est devenue certitude. Les fresques du cimetière de Calliste, celle de la catacombe d'Alexandrie , la célèbre épitaphe d'Autun , oh l'hiéroglyphe du poisson est ouvertement appliqué au pain sacramentel, ne permettent plus de douter du sens véritable des antiques symboles que nous voyons réunis ou isolés sur les monuments. Quand Tinscription d'Autun fut découverte, le cardinal Pitra, alors professeur au petit séminaire de cette ville, appela l'attention du monde savant sur les renseignements inappréciables, les clartés décisives qu'en recevait l'histoire du symbolisme chrétien. Il est aujourd'hui démontré qu'aucune des mystérieuses représentations que nous avons signalées ne fut l'œuvre du caprice ou de la seule imagination , qu'une inspiration commune les reliait entre elles, et les rattachait à une pensée dominante, à une idée mère, le mystère de l'Eucharistie. Absolument inintelligibles aux personnes qui n'étaient pas initiées, elles avaient pour les chrétiens un sens clair et délini, ils les lisaient comme les anciens Egyptiens lisaient leurs caractères hiéroglyphiques , comme nous lisons les lettres de notre alphabet.

Le poisson figurait le Christ, le Christ eucharistique, et.

dans certains cas, par une extension naturelle, le chrétien nourri de l'Eucharistie, de même que la colombe figure tantôt TEsprit-Saint, tantôt Tâme fidèle. Rien n'est plus clair que ce symbolisme. Quand donc nous voyons représentés sur une pierre tombale découverte en 1862 aux environs de Modène deux poissons {pisciculi) tenant chacun dans sa bouche un pain, et entre eux cinq autres pains, nous reconnaissons de suite que les survivants de Suntrophion (c'est le

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Fig. 23. — nie siècle. Pierre tombale d'un ancien cimetière chrétien de Modène.

nom gravé sur la pierre) ont voulu figurer sur la tombe de leur ami Timage symbolique de TEucharistie, sa force pendant la vie, gage pour lui après la mort de la résurrection bienheureuse ^ Nous interprétons avec la même facilité une fresque assez singulière que l'on trouve deux fois peinte dans un des plus anciens cubicula de la crypte de Lucine (i«^ ou II® siècle). Le lecteur en peut voir une reproduction très-exacte à la planche VIII, n<» i. Ici il ne s'agit plus du pisciculuSj mais du divin 1X0 YC. Sur la muraille qui fait face à la porte, sur le stuc blanc bordé de larges bandes rouges qui couvre l'espace intermédiaire entre le loculus supérieur et le loculus inférieur, est peint, à droite et à gauche, tourné vers un sujet central aujourd'hui disparu, un poisson vivant qui fend Feau et porte sur son dos un panier rempli de pains (panis verus et aquce vivœ piscis ^). Ces pains sont

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