Joan., vi
2. S. Paul. Nol,, Ep. XIII. — Un des plus curieux exemples de la réunion de ces deux symboles, le poisson et le pain, est donné par une lampe de bronze du iv^ siècle, trouvée en 1869 dans les fouilles de Porto. Ce gracieux ustensile représente le vaisseau de l'Eglise : la poupe est formée par la tète du serpent tentateur, tenant entre ses dents la pomme, cause de la chute originelle. Sur cette tête est plan-
gris, couleur de cendre, et ont la forme des offrandes que les Orientaux, et spécialement les Juifs, présentaient aux prêtres en certaines saisons de l'année : les Romains désignaient les pains de cette forme par le nom barbare de mamphula. Les pains occupent le dessus du panier; au milieu, une ouverture laisse voir quelque chose de rouge, qui semble un baril de verre contenant du vin. A la vue de cette image, M. de Rossi s'est souvenu d'un texte de saint Jérôme, qui en semble l'explication naturelle. Parlant d'Exupère, évêque de Toulouse, qui dépensa tous ses biens pour secourir les pauvres : t Personne n'est si riche, dit le saint docteur, que celui qui porte le corps du Christ dans une corbeille d'osier, et son sang dans un vase de verre *. » Le panier que nous avons sous les yeux est précisément d'osier. Les Juifs et les païens se servaient de semblables corbeilles dans les sacrifices, et les premiers chrétiens y déposaient le pain consacré quand ils n'avaient pour le recevoir ni or ni argent. Le sens de la fresque, au premier abord un peu étrange, s'explique ainsi de lui-même : c'est le plus simple et le plus ancien monument sur lequel se voient unis le poisson et le pain, et probablement une des plus anciennes images de l'Eucharistie.
Nous ne pouvons passer sous silence un très-curieux monument funéraire, encore imparfaitement expliqué, sur lequel le pain eucharistique est mis dans la bouche d'un animal figurant le chrétien, absolument comme sur l'épitaphe de syntrophion. M. de Rossi a vu, en 1873, dans
tée, en signe de victoire, la croix, au-dessus de laquelle se tient la colombe, image de l'Esprit-Saint qui guide le vaisseau de l'Église. Enfin, vers la proue, est un dauphin, image, comme le poisson, de l'iXOYC céleste (on le trouve avec cette signification dans un grand nombre de monuments chrétiens). Ce dauphin tient dans sa bouche un pain, sans doute le pain eucharistique ; antithèse sublime : d'un côté le serpent, avec le fruit tentateur, de l'autre le poisson, avec la nourriture réparatrice. — BuUettino di arch. crist.y 1868, pp. 77-79, et tav., n° i; 1869, p. 16; 1870, p. 172 et seq., lettre de Ms'^ Bailles, ancien évêque de Luçon.