SUJETS ALLÉGORIQUES
Sommaire. — Peintures reproduisant les paraboles évangéliques. — La vigne.
— Les vierges sages et les vierges folles. — Le semeur. — Le Bon Pasteur.
— Le Bon Pasteur, avec saint Pierre et saint Paul évangélisant les brebis.
— Lampe chrétienne du iii« siècle, représentant le Bon Pasteur et Vovile*
La deuxième classe des peintures des catacombes se compose de celles inspirées par les paraboles de l'Évangile. Ces peintures allégoriques ne sont qu'un développement du principe décrit plus haut sous le nom de symbolisme. Ce qui, jusque-là, était plutôt une sorte d'écriture hiéroglyphique qu'une véritable œuvre d'art , s'est épanoui , est devenu une composition plus compliquée, plus artistique. Au lieu d'un symbole isolé ou d'une combinaison de symboles, l'artiste représente des scènes complexes, inspirées ou suggérées par les paraboles du Sauveur, et suggérant elles-mêmes les vérités que le Maître divin cachait et montrait à la fois sous le voile de sa parole. Sans doute, toutes les scènes allégoriques représentées sur les murs des catacombes n'ont pas un but d'enseignement précis et voulu, ce ne sont pas des sermons dessinés, des traités dogmatiques tracés avec le pinceau. L'art fait naître les sentiments, éveille les idées : sa mission n'est pas d'enseigner. Pour exprimer lès vérités dont son cœur était plein, l'artiste chrétien employait les formes artistiques les mieux appropriées, formes qu'il empruntait souvent, avec les couleurs et le cadre de son œuvre, aux paraboles évangéliques : de telles peintures ravivaient et fortifiaient chez les fidèles l'idée qu'elles avaient
pour but de rendre sensible : elles enseignaient ainsi, mais d'une manière indirecte, inconsciente.
Parmi les paraboles et les figures évangéliques, une des plus célèbres est celle de la vigne. Dans l'Ancien Testament, elle représentait le peuple de Dieu : il avait pour symbole ff cette vigne apportée de TÉgypte et plantée par Dieu ^ , » dont parle le psalmiste, « cette vigne soignée avec tant d'amour ^ , » et cependant ingrate, à laquelle les prophètes adressent de pathétiques reproches, « cette vigne qui est Israël, et dont Juda est le fruit délicieux^. » Dans le Nouveau, elle représente surtout l'Église unie au Christ : Jésus est « la vraie vigne, dont les fidèles sont les rameaux^. » Ce symbole paraît avoir été reproduit par les peintres chrétiens dès le r' siècle ^ Nous en avons sans doute un exemple dans la grande et gracieuse vigne du cimetière de Domitille {fig. 9, p. 108). Les petits génies ailés, si souples et si naturels, qui jouent parmi ses branches, ne sont nullement en contradiction avec le sens chrétien et figuré de cette importante peinture. On a voulu voir en eux soit des anges, soit l'image emblématique de la race humaine; nous croyons qu'il ne faut pas aller chercher si loin le sens de ces charmants accessoires. Ce sont des ornements dessinés dans une intention purement décorative, selon le mode classique ; c'est un souvenir de l'école artistique d'où est sortie la peinture chrétienne, et dont elle conserva longtemps les habitudes, les formules, le tour d'imagination et de goût. J^es catacombes nous offrent de nombreuses représentations de la vigne. Nous la retrouvons, au 11^ siècle, dans la crypte de saint Janvier, au cimetière de Prétextât ; on peut attribuer à la même époque un cubiculiim découvert par Bosio sur la voie Latine, où au centre de la voûte, représentant des vignes chargées de rai-