Journal officiel, 10 janvier
tant un des rites du paganisme romain, l'ignispice : près de Tautel est dessiné un flabellum^ au milieu duquel les dimensions de Varea consacrée sont indiquées ainsi : PED. X. PED. XX. ^. Dans la province romaine d'Afrique, à Tebessa, a été découverte, en 1858, une épitaphe commençant par le sigle D. M., au-dessus duquel est inscrite la croix g-ammée^.
Il est temps de conclure ces rapides observations. Sur les inscriptions chrétiennes, la croix gammée n'apparaît pas avant le iii^ siècle; sur les peintures, il en est de même, et la vue de celles où ce signe est dessiné, par exemple le fassor Diogenes dans le cimetière de Domitille, ou le Bon Pasleur dans le cimetière creusé sous le bois des Arvales, suffit à le démontrer. Les chrétiens, toujours à la recherche de nouvelles manières de représenter la croix tout en la dissimulant, trouvèrent, soit sur des monuments orientaux, soit plus près d'eux, en Asie Mineure, en Grèce, en Italie, à Rome même, une combinaison de lignes fort connue, fort inoffensive, dont ils pouvaient se servir pour dessiner la croix ; ils s'en emparèrent. Peut-être la ressemblance du signe dont il s'agit avec le tau des Phéniciens fut-elle la raison qui le leur iît adopter. « Il n'y a donc, conclurons-nous avec M. de Rossi, aucune raison de recourir directement aux Indes pour expliquer la présence de ce signe sur les monuments chrétiens ; elle paraîtra toute naturelle à quiconque a la plus légère connaissance de ces monuments ou des écrits des Pères ^ »