Matth., XIII, 3-23; Marc, iv, 3-20; Luc, viii
peut-être, et c'en est alors le seul exemple connu ; peut-être aussi a-t-on simplement voulu représenter l'image du défunt, et rappeler les occupations de la vie rurale. Nous en dirons autant des scènes champêtres peintes dans le cubiculum de saint Janvier, au cimetière de Prétextât, et dont une seule, représentant des moissonneurs, est encore reconnaissable {fig, II, p. 119). Peut-être est-ce simplement une image de l'été, déjà symbolisé par la guirlande d'épis qui orne la voûte. Peut-être aussi est-ce une éloquente réponse du zèle chrétien à cet appel de Jésus : « Levez les yeux et voyez les campagnes couvertes déjà de moissons blanchissantes^. »
La parabole du Bon Pasteur'^ ne saurait être l'objet d'aucune incertitude. Et cependant Raoul-Rochette a fait, à propos de ce type, un tel déploiement d'érudition païenne, il a cité tant de Mercures Criophores, de faunes, de bergers, de jeunes gens portant un agneau, une brebis ou un bouc, que l'on ne sait plus, en le lisant, si le Bon Pasteur est un sujet d'origine chrétienne, ou si ce n'est pas simplement une figure pittoresque, un groupe d'un mouvement heureux emprunté par les chrétiens aux traditions de Tart païen plutôt qu'aux discours évangéliques. En y regardant de plus près, cependant, on reconnaît que les scènes pastorales peintes dans la tombe des Nasons et sur d'autres monuments antiques ont très-peu de points communs avec les peintures prétendues analogues de nos catacombes. Quelquefois, mais très-rarement, on voit dans les fresques des sépulcres païens un berger dansant, portant un agneau ou un bouc sur ses épaules. Nous ne connaissons à Rome qu'une seule ligure de ce genre qui puisse être rapprochée^ du Bon Pasteur chrétien ; elle est complètement nue, et fait pendant à plusieurs autres figures représentant les Saisons; elle ne saurait être confondue avec la grave et chaste image qui occupe le centre des voûtes et paraît à la place d'honneur sur les