‹ Rome souterraineChapitre 202 sur 338 · Le Hir, Etudes bibliques^ t. II, p · texte numérisé non relu

Le Hir, Etudes bibliques^ t. II, p

prophétique de ce grand changement. Ils regardaient les adorations que le Sauveur enfant avait reçues des sages dé rOrient comme les prémices de l'hommage que le monde entier lui offrirait un jour. Dans cette pensée, ils se plaisaient à rapprocher Tune de l'autre ces deux histoires, les trois enfants refusant d'adorer l'idole de Nabuchodonosor, dans l'Ancien Testament, les trois Mages adorant l'enfant Jésus, dans le Nouveau. Le parallélisme de ces deux sujets est beaucoup trop fréquent pour être l'effet du hasard : on les retrouve en regard l'un de l'autre non-seulement dans les peintures des catacombes, mais sur un sarcophage du Vatican, sur un sarcophage de Milan, sur un autre récemment découvert auprès de Nîmes ^. Les deux sujets semblent se faire pendants, se compléter l'un par l'autre, se compénétrerj selon l'expression de M. de Rossi ; le parallélisme de l'idée est poussé jusque dans les mouvements, jusque dans l'attitude des personnages. De même que les trois Mages s'avancent ordinairement de profil vers la vierge Marie assise devant eux, et tenant l'enfant Jésus dans ses bras, de même les trois jeunes Hébreux, vêtus avec une recherche historique rare dans l'art des catacombes, portant la tiare phrygienne, la tunique, les pantalons ou saraballi, comme les sectateurs de Mithra ou autres Orientaux dans les bas-reliefs païens, sont quelquefois représentés de pro- ^l^tournés vers la statue qu'ils refusent d'adorer, et derrière laquelle se tient Nabuchodonosor ; c'est, dans les deux groupes, le même nombre et la même disposition des personnages, les trois adolescents qui protestent dessinés dans le même mouvement que les trois Mages qui adorent, et le roi païen présentant l'idole aux uns comme la vierge Marie présente aux autres le Dieu enfant. L'eurythmie qui résulte de cette pondération parfaite de deux groupes destinés à se faire pendants se retrouve évidemment dans la pensée, rendue plus claire et plus éloquente par le contraste.

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