I. Bulktt. dl arch, crist., 1866, p
Ces divers sujets, — Jonas, Daniel, les trois enfants hébreux, — étaient souvent rapprochés, par les peintres et les sculpteurs, de l'histoire évangélique de Jésus ressuscitant Lazare. Les Constitutions apostoliques^ cette image si fidèle et si vivante de la pensée chrétienne au iii« siècle, montrent quel lien symbolique unissait entre elles ces représentations. « Celui, disent-elles, qui a ressuscité Lazare, mort depuis quatre jours, celui qui a tiré Jonas vivant et intact, après trois jours, du ventre de la baleine, qui a fait sortir les trois enfants de la fournaise de Babylone, et a préservé Daniel de la gueule des lions, sera assez fort pour nous ressuscitera »
Lazare est quelquefois mis en parallèle avec un autre sujet biblique. Moïse frappant le rocher. Tantôt on les trouve remplissant, sans séparation entre eux, le même compartiment d'une peinture 2 ; tantôt on les voit peints, se faisant pendants, de chaque côté d'une porte, comme dans un cuhiculum du cimetière de Calliste^; quelquefois on les reconnaît grossièrement gravés l'un à côté de l'autre sur une pierre tombale; le plus souvent ils sont sculptés ensemble sur un sarcophage. Quel lien mystique ou symbolique réunit ainsi ces deux sujets } Quelques archéologues voient dans leur rapprochement une démonstration de la puissance divine qui, d'un roc desséché, peut faire jaillir des flots d'eau vive, et de la pierre du tombeau tirer vivant un cadavre déjà décomposé. D'autres reconnaissent dans ces deux sujets une image des deux termes extrêmes de la vie du chrétien ; la fontaine d'eau vive, coulant de la pierre « qui est le Christ, » dans laquelle le fidèle est plongé par le Baptême, et où il prend une nouvelle naissance, et la vie éternelle que lui procure la résurrection d'entre les morts, dont cette naissance est le gage. Tertullien identifie l'eau qui s'échappe du roc frappé par Moïse et l'eau du Baptême, qiiœ defluit