‹ Rome souterraineChapitre 208 sur 338 · Roma sotterranea. t. I, p · texte numérisé non relu

Roma sotterranea. t. I, p

peut-être, dans les monuments du premier art chrétien. On pourrait presque dire de lui ce que Pascal a dit des Evangiles, dont il reconnaît la divinité à la douceur avec laquelle ils parlent des bourreaux. La peinture de l'âge des persécutions paraît avoir imité cette douceur inspirée. Elle passe sous silence ce qui pourrait éveiller la haine ou le ressentiment chez tous ces fils ou frères de martyrs qui se rassemblaient dans les catacombes. Après la conversion de Constantin, cette délicatesse des temps d'épreuve disparut dans l'ivresse du triomphe ; mais c'est seulement à partir de la fin du iv^ siècle, ou au commencement du v^, que l'on entreprit de tracer sur les murs des églises des peintures comme celles dont parle Prudence, représentant avec une vérité cruelle les diverses circonstances du martyre de saint Hippolyte*. A la même date s'introduisit l'usage de suspendre au-dessus des tombeaux des martyrs des voiles sur lesquels était tissée ou peinte l'image de leur supplice, comme ceux que vit Asterius, évêque d'Amasée, sur la tombe de sainte Euphémie, à Chalcédoine^ M. de Rossi a publié une médaille de la même époque, sur laquelle est gravé le martyre de saint Laurent : à gauche, assis sur son tribunal, se tient l'empereur, couronné de laurier, comme dans la fresque qui vient d'être décrite : devant lui est debout un de ses officiers ou assesseurs. Le saint est étendu sur le gril ardent, et, audessus, son âme s'élève vers le ciel, sous la figure d'une )eune fille, les bras étendus en orante^.

On ne trouve dans les anciens monuments chrétiens aucune image originale de Jésus-Christ, de sa sainte mère ni des saints. Selon Raoul- Rochette*, il n'existait pas dans les premiers siècles de l'Eglise de type fixé et consacré d'après lequel l'art pût reproduire ces figures vénérées. Peut-être inexacte en ce qui concerne saint Pierre et saint

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