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Tableau des Catacomhesjip

Paul, cette assertion paraît vraie en principe, si nous en jugeons par ce qui reste des peintures des catacombes.

Notre-Seigneur n'y est représenté que sous la iigure du Bon Pasteur, ou dans l'accomplissement de quelqu'un de ses miracles, ou encore assis au milieu de ses apôtres ^ Il a le plus souvent la iigure d'un homme jeune et sans barbe ; il tient ordinairement dans sa main la verge du commandement : rien ne le distingue du reste des enfants des hommes. Une seule fois il est peint en buste dans un médaillon occupant le centre d'un cubiculum du cimetière des saints Nérée et Achillée (le même cubiculum dans lequel est l'image d'Orphée avec sa lyre). Cette peinture, dont on a beaucoup exagéré l'importance et l'antiquité, n'a aucun des caractères individuels d'un portrait : elle offre un exemple assez vague des traits sous lesquels l'art moderne représente habituellement le Christ.

Eusèbe parle d'anciennes images de Jésus-Christ et des apôtres : saint Augustin, saint Basile y font également allusion^. Aucun de ces précieux monuments n'est venu jusqu'à nous. Dans les catacombes nous ne rencontrons aucune image authentique, ni même aucun type conventionnel du Christ. Les portraits de saint Pierre et de saint Paul ont seuls quelques caractères immuables, par conséquent individuels. Les saints sont ordinairement représentés tous dans la même attitude, priant les bras étendus en croix ^ : la raison de cette attitude si expressive, parfois si grandiose, est donnée par de nombreuses inscriptions, qui parlent des saints comme jouissant en Dieu de la vie éternelle, et ex-

1. La seule ancienne peinture de son baptême est celle que nous avons publiée page 297, fig. 15. Le même sujet est représenté dans une fresque du cimetière de Pontien, mais elle remonte au vii^ ou vill* siècle.

2. Eusèbe, Hlst. EccL, II, 25; VII, 18. S. Aug.^ de Consens. Ev.y I, 10. S. Basil., Ep. CCCLX ad Julian. Tertull., de Pudic^ 10. S. Hieronym.. In Joann., IV. — Voir aussi Macarius, HagioglyptUj p. 11.

3. Tertull., Apolog.j 30; De orat.^ 14, 17; Ad Nation., I, 12. — Prudent., Peristeph.j VI, 103.

priment la confiance des survivants dans Tefficacité de leurs prières.

Parmi les figures si fréquemment reproduites de personnages en prière, orantes, on trouve souvent l'image d'une femme, quelquefois debout aux côtés du Bon Pasteur, en qui nous reconnaissons volontiers, avec M. de Rossi, soit la vierge Marie, soit TÉglise, Tépouse du Christ, qui prie sans cesse sur la terre comme Marie prie dans le ciel. Ces deux interprétations d'une même figure ne s'excluent pas nécessairement l'une l'autre. Au contraire, elles peuvent s'être présentées ensemble à la pensée de l'artiste, car l'ancienne littérature chrétienne se plaît à établir les rapports figuratifs les plus étroits entre Marie et l'Église. Saint Ambroise le dit expressément : Multa in figura Ecclesîœ de Maria prophetata sunt^. Le pape Sixte III (435) fit placer dans l'abside du baptistère de Latran une inscription en mosaïque qui célèbre la maternité virginale de TÉglise. Longtemps avant Ambroise et Sixte III, l'Église de Lyon, dans la célèbre lettre écrite en l'honneur de ses martyrs, donne à l'Église universelle le nom de « Vierge-mère, » et l'appelle ainsi sans commentaire, comme si le rapprochement implicitement contenu dans ce titre était connu et compris de tous.

On a prétendu que la figure orante représente toujours^ le martyr ou le personnage de distinction enterré dans la principale tombe du cubiculum où elle est peinte. Il en est souvent ainsi, et l'on ne peut donner un autre sens aux figures d'hommes ou d'enfants représentés les bras étendus dans les fresques ou sur les pierres tombales. Quelquefois, même quand elle est dessinée en pendant avec le Pasteur, la femme orante paraît avoir la même signification, comme à2ins\2i figure 33 (p. 376), où l'on peut voir une allusion à l'âme introduite dans les joies du paradis, telles que les repré-

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