I. Planche V, n" i
de stuc, détaché de l'autre côté, laisse voir encore la tète, les bras levés et le pic d'un fossor, dessiné dans l'acte même de son travail.
Ces divers sujets, nous l'avons dit, étaient également représentés dans les trois autres cubicula^ qui forment avec les deux précédemment décrits toute une série de chambres presque semblables. Une répétition si constante et si uniforme des mêmes images ne peut avoir été faite sans but, sans une intention cachée. Il n'est pas difficile de la découvrir et de pénétrer le sens de ces peintures mystérieuses. Au point où nous a menés cette étude, nos lecteurs ont dans la main le fil conducteur qui les dirigera à travers cette apparente confusion de sujets sacramentels, d'histoires bibliques et de figures empruntées à la vie commune.
Tertullien, qui était à Rome à l'époque où furent exécutées la plupart de ces fresques, va pouvoir, encore une fois, nous servir de guide. Nous savons déjà qu'il appelait les chrétiens « de petits poissons nés dans les eaux du Baptême% » et que dans son traité sur ce sacrement il parle de ces eaux comme découlant du rocher, quœ defluit de petra^. Le rocher, nous l'avons appris de l'Ancien et du Nouveau Testament^, n'est autre que le Christ, petra aiitem erat Christus^ rocher mystique qui verse les eaux de la grâce dans le désert de ce monde. Quel est le personnage représenté dans nos peintures frappant ce rocher? Nous le montrerons dans le chapitre suivant ; disons ici en un seul mot que, dans l'art chrétien primitif. Moïse frappant le rocher est pris presque toujours comme la figure de saint Pierre, le nouveau Moïse successeur de l'ancien, « le conducteur du nouvel Israël, » dit Prudence. A lui fut donné le pouvoir d'ouvrir dans le rocher divin la source de la