Cor ^ X, 3; Isaïe, xxv
grâce et d'en faire couler les vraies eaux vives sur les enfants de l'Église par le bain du Baptême et le canal multiple des sacrements ^
A la suite du rocher frappé par le prophète se présente l'image d'un pêcheur, et, près d'elle, celle d'un homme qui baptise ^ L'enfant, baptisé en même temps par immersion et par aspersion^, est plongé dans la même eau d'où le poisson est tiré par le pêcheur. Frappant exemple de ce parallélisme plein de sève et de profondeur, de ce rapprochement harmonieux de la réalité et de la ligure, qui est un des principaux caractères du premier art chrétien. Ainsi, dans l'Evangile, le Christ, après avoir raconté ses paraboles, en expliquait ensuite le sens à ses disciples. Les peintures que nous avons sous les yeux parlaient aux premiers chrétiens de l'origine même de leur foi, et leur représentaient, sous trois aspects différents, cette eau baptismale qui en est la source. Les Pères, se souvenant des paroles de Jésus '^, sont unanimes à rapprocher du pêcheur symbolique l'apôtre qui convertit, et spécialement Pierre, et à identitier l'homme baptisé avec le poisson qui est tiré de l'eau. « Si l'on voit représenté un pêcheur, dit Clément d'Alexandrie % que l'on se souvienne de Tapôtre, et des enfants qui sont tirés de l'eau. » Près de deux siècles plus tard, saint Ambroise s'écriait : « Ne crains pas, ô bon pois-
1. S. Cypriaii., Ep. 73 ad Jubajanum ; cf. Ep. Firmiliani, 65 inter Cyprianicas.