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VT DAMASI PRECIBUS FAVEAS PRECOR, INCLYTA VIRGO

Sainte Agnès est quelquefois représentée seule ^ sur les fonds découpe; après saint Pierre et saint Paul, aucun saint ne s'y voit aussi souvent.

La position respective des deux apôtres dans les anciennes œuvres d'art a été Tobjet de nombreuses discussions, qui n'ont point cessé depuis le temps de saint Pierre Damien. Il semble impossible d'établir sur ce point aucune règle fixe. Saint Pierre occupe le plus souvent la droite de saint Paul, ou la droite du Christ quand il est représenté entre les deux apôtres; mais, dans un certain nombre de monuments, cet ordre est interverti. Cela ne prouve ni l'égalité des deux apôtres, ni, comme on essayait récemment de l'établir avec un grand sérieux, la supériorité hiérarchique de saint Paul sur saint Pierre -. Cette distinction de la droite et de la gauche était assez indifférente aux anciens. On trouve une fois Jésus-Christ représenté à la gauche de saint Paul. Sainte Agnès est quelquefois à la droite, et Marie à la gauche. Souvent, dans les fonds de coupe, le mari est dessiné à la gauche de sa femme. Les artistes païens représentant Jupiter entre Junon et Minerve observent la même indifférence quant à la position respective des deux déesses. La primauté de saint Pierre est clairement attestée sur quelques-uns de nos verres par un symbole dont le sens ne peut être mis en doute. Il apparaît quelquefois sous le type de Moïse frap-

1. Planche IX, n° 2. — Dans le verre que nous publions, sainte Agnès se tient entre deux colombes, dont chacune porte en son bec une couronne. Cela rappelle les vers de Prudence, Péris tepli.^ XIV, 7 :

Duplex corona est praestita martyri, Intactum ab omni criminc virginal.

2. Marriott, Testimony of the catacomhsy p. 74. — London, 1870.

pant le rocher. Le sens du rocher est bien clair : « ils burent du rocher spirituel qui les suivait, dit saint Paul, parlant des Juifs, et ce rocher était le Christ ^ » Mais, quelque beau et naturel que soit ce symbolisme, nous n'aurions osé

Fig. 38. — Fond de coupe de la bibliothèque Vaticane 2.

affirmer que le personnage qui frappe le rocher est saint Pierre, si, deux fois au moins, le nom PETRVS ne se lisait auprès de lui. Un des verres où il est représenté et

T. / Cor., X, 4.

2. Représentant le Christ entre saint Pierre et saint Paul; audessous, le Christ sous la figure de l'agneau ; les Juifs et les gentils venant de Jérusalem {lerusalé) et de Bethléem (Beclé) vers le mont Sion, d'où coulent les quatre fontaines évangéliques unies dans le mystique Jourdain [lordané). — La partie inférieure de ce verre rappelle la mosaïque du yi« siècle qui orne l'abside de l'église des Saints Come et Damien, celles du ix*^ de l'abside des églises de Sainte-

désigné ainsi est connu de toutes les personnes qui ont visité la bibliothèque Vaticane (voir planche X, n° 2); le second, conservé dans la même collection {Jig. 39), mais dont la

Fig. 39. — Fond de coupe trouvé dans les catacombes, récemment nettoj-é, et conservé au musée chrétien du Vatican.

surface, corrodée par le temps, avait perdu toute transparence, a été, en 1867, nettoyé par M. Tessieri, directeur

Praxède et de Sainte-Cécile, celle du xir de la voûte de Sainte-Marie in TransteverCj celle du XHI* de l'abside de l'église supérieure de Saint- Clément : seulement, dans la plupart de ces mosaïques, les brebis qui entourent l'agneau divin sont au nombre de douze, représentant sans doute les douze apôtres. — A la partie supérieure du verre que nous publions, on peut voir, sur le palmier symbolique, le phénix, la tète entourée du nimbs (cf. page 302) : il est peut-être placé près de saint Paul pour montrer que celui-ci a été l'apôtre par excellence du dogme de la résurrection. Le palmier, mais sans le phénix, est également représenté près de saint Pierre : le palmier, à une certaine époque, paraît avoir symbolisé les apôtres : peut-être aussi n'est-il représenté ici que comme symbole d'immortalité.

du cabinet des médailles au Vatican ^ Devenu clair et diaphane, ce verre a laissé voir, découpée dans la feuille d'or qu'il recouvre, la figure de saint Pierre frappant le rocher symbolique. Il diffère peu sensiblement du premier ; en l'examinant de près, cependant, on y reconnaît la main d'un autre artiste.

Ces précieux verres nous donnent la clef de plusieurs peintures des catacombes, et de nombreux bas-reliefs des sarcophages chrétiens. Ils nous montrent que saint Pierre était considéré par les premiers chrétiens comme le Moïse « du nouvel Israël de Dieu, » selon le mot de Prudence; et cela explique pourquoi la verge, signe du commandement et de la puissance, ne se rencontre jamais que dans trois mains : celle de Moïse, celle de Jésus, celle de Pierre. Elle appartient premièrement, et par un droit inhérent à sa personne, au Christ, Fils éternel de Dieu. Par lui elle fut déléguée à Moïse, de qui Dieu a rendu ce témoignage : « Il est le plus fidèle dans toute ma maison ^. » Pendant un petit nombre d'années la verge du commandement fut visible dans la main du Verbe incarné, et, quand il eut quitté la terre, « alors, dit saint Macaire d'Egypte, à Moïse succéda Pierre, à qui sont confiés la nouvelle Église de Dieu et le sacerdoce véritable': » Nous comprenons maintenant pour quelle raison, dans les bas-reliefs des sarcophages, la figure qui frappe le rocher est presque toujours rapprochée du prince des apôtres conduit en prison par les satellites de Hérode, et pourquoi le parallélisme est souvent poussé jusqu'à une similitude de disposition, d'attitudes et de mouvement dans les deux scènes. Le plus frappant exemple de ce rapprochement se voit dans le grand sarcophage qui est placé à l'extrémité de la principale salle du musée de Latran (planche XIX). Il est divisé en quatre compartiments : dans

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