S. Aug., Epist. i-jj
qui, de là, se répandent dans tout le monde, en conservant la pureté qu'elles tiennent de leur origine*. »
Parmi les verres publiés par le P. Garrucci, on en remarque un grand nombre de très-petites dimensions. On a supposé qu'ils avaient appartenu à des coupes plus petites ; mais, en les examinant de près, et en les comparant aux fragments d'un plat de verre découvert à Cologne, on reconnaît qu'ils faisaient autrefois, plusieurs ensemble, partie d'une même patène, dans laquelle ils étaient insérés en guise de médaillons. Rarement ces petits disques de verre contiennent un sujet entier. L'un, par exemple, renferme la figure d'Adam; un autre celle d'Eve, un troisième l'image du serpent. Les trois enfants dans la fournaise sont représentés chacun sur un verre séparé, de même que les trois Mages. Jésus-Christ ou saint Pierre est dessiné une douzaine de fois, le bâton à la main, tandis que dans un autre médaillon on voit le paralytique emportant son lit, Lazare enveloppé de bandelettes debout devant la porte du tombeau, ou le rocher d'où l'eau s'échappe. Quelquefois ces médaillons, enlevés du plat ou de la large coupe qu'ils ornaient, et qui sans doute s'était trouvée brisée, étaient portés au cou en guise de pieuse médaille ^ : le P. Garrucci a publié une petite rondelle de verre, représentant un des Mages, et par conséquent détachée d'une série complète, qui a été trouvée dans le mortier fermant le tombeau d'un enfant: l'original, conservé au Vatican, est entouré d'un
1. Inter Epist. S. Aug., 181. Voir kV Appendice la note C, sur la Chaire de saint Pierre et ses rapports avec le Baptistère du Vatican. — Pierre, aux yeux des païens mêmes, était si bien le chef et le fondement unique de l'Église, qu'ils employaient quelquefois, par erreur, son nom pour celui de Jésus : jamais Paul ou un autre apôtre ne fut l'objet d'une telle confusion : « Phlegon (Adriani Augusti libertus), in xiii aut, ni fallor, in xiv Chronicoram ^ rerum quarumdarum futurarum praescientiam Christo tribuit, quamvis erret in nomine^ Petrum pro Jesu appellans. » Orig., contra Celsum^ n, 14 (trad. Rufîn).
2. Sur les médailles de dévotion des six premiers siècles, voir Bull, di arch. crist.^ 1869, p. 33-45, 49-59»
petit cercle de cuivre, auquel est attaché un anneau. Le véritable usage de ces médaillons de verre ornés de figures est démontré, comme nous l'avons dit, par les fragments
Daniel et l'un des deux lions.
Adam et Eve.
Histoire de Jonas, en quatre médaillons.
Le Christ avec la verge dans sa main; probablement un autre médaillon contenait l'image de Lazare.
Le sacrifice d'Abraham.
Daniel et l'un des lions.
Deux des trois enfants.
Une orante, probablement la Vierge dont parle Isaïe, vu, 41.
Fig. 40. — Fragments d'une patène de verre trouvée à Cologne.
découverts à Cologne d'un plat d'environ vingt-deux centimètres et demi de diamètre, dans lequel avaient été insérés, pendant que le verre blanc était en fusion, un certain
nombre de petits médaillons en verre coloré semblables à ceux que Ton a quelquefois trouvés à Rome, et formant ensemble une série de sujets bibliques. Ces médaillons, composés d'un double disque, ont résisté à Faction du temps et aux accidents qui ont brisé le verre plus fragile de la patène. M. de Rossi a vu sur le plâtre de plusieurs loculi l'empreinte de plats de dimensions analogues, que Ton avait sans doute brisés en essayant de les détacher du ciment auquel ils adhéraient ^
Nous avons fait allusion à la destination probable de ces verres : on s'en servait dans les agapes, particulièrement dans celles qui se célébraient en l'honneur des saints. Les dessins et les inscriptions de beaucoup d'entre eux montrent qu'ils figuraient aussi dans les fêtes nuptiales ou le jour anniversaire d'une naissance, d'un mariage, d'un décès. Quelques-unes de ces coupes ont-elles servi de calices ou de patènes dans la célébration du sacrifice de la messe r^ Le passage si connu dans lequel Tertullien raille le pape Calliste d'avoir fait peindre sur les calices l'image du Bon Pasteur ^ nous permet de supposer que les calices du 11* et du III® siècle furent souvent faits de même matière et ornés dans le même style que les coupes de verre qui viennent d'être décrites et au fond desquelles transparaît souvent (perlucebit) cette figure si chère à l'art chrétien. Le célèbre graal ou sacro catino conservé à Gênes, qui fut, dit-on, le calice même dont Notre-Seigneur se servit dans l'institution de l'Eucharistie, et dont la conquête fit faire de si beaux exploits et courir de si romantiques aventurés aux paladins des vieux poëmes, est en verre, de forme hexagonale ; mais nous ne tirerons point de conclusions d'une relique aussi légendaire ^ D'après le Liber poîitijicalisyle pape Zéphyrin ordonna que, pendant la messe célébrée par l'évêque, les